Portrait
[HORS CHAMP] Blandine Terrier, l'âme de la Sologne 📹
Chasseuse depuis l’enfance, Blandine Terrier fait vivre sa passion au cœur d’une Sologne exigeante.
Chasseuse depuis l’enfance, Blandine Terrier fait vivre sa passion au cœur d’une Sologne exigeante.
À Mariaville, la chasse est bien plus qu’une activité, elle est devenue l’une des signatures du domaine familial de Blandine Terrier. Il y a onze ans, l’agricultrice a décidé de donner une place à sa passion en développant une activité cynégétique sur les 100 hectares du domaine de Vernou-en-Sologne (Loir-et-Cher). Aujourd’hui, autour des quatre étangs, les chasseurs se succèdent au fil des saisons.
Faisans, perdreaux, canards… Les journées de chasse se tiennent presque un jour sur deux. Pour organiser cette activité, Blandine Terrier travaille avec deux éleveurs de gibier professionnels. Si les animaux sont lâchés, la chasse conserve à ses yeux toute sa part d’incertitude. « Le gibier est là , mais encore faut-il le trouver ! C’est aussi ça, la chasse : on ne sait jamais exactement comment la journée va se dérouler. Et puis, il y a des règles auxquelles je tiens : la sécurité avant tout, le respect et, bien sûr, la convivialité. » À Mariaville, la journée se prolonge toujours autour d’un repas préparé par la sœur de Blandine, « à partir des produits de la ferme ou de la chasse ».
La Sologne en héritage
Derrière cette activité florissante, il y a surtout une histoire de famille et de territoire. Fille d’agriculteur, Blandine Terrier a grandi en voyant ses parents se battre pour faire vivre leur exploitation. Aujourd’hui encore, pour assurer sa pérennité, Mariaville conjugue plusieurs activités, avec deux bâtiments qui accueillent chaque année 25 000 poulets et pintades. « En Sologne, les terres sont dures et moins rémunératrices qu’ailleurs. Les volailles ont longtemps constitué une ressource essentielle pour ma famille », souligne celle qui a beaucoup œuvré pour la filière. En parallèle, Blandine cultive aussi 82 hectares en Beauce. Rien n’est simple, et elle ne cherche pas à le faire croire : « C’est une terre difficile. La Sologne forge le caractère. On ne se bat pas comme ça ailleurs. Ici, il faut se battre pour être paysan ».
Le caractère de Blandine ressemble à cette terre : solide, indépendant, parfois abrupt, mais profondément attachant et sensible. Elle dit ce qu’elle pense sans détour et assume ses choix. Investie dès l’âge de 16 ans chez Jeunes agriculteurs, elle a multiplié dès lors les responsabilités professionnelles et syndicales, menant de front ses engagements et le travail à la ferme. « J’avais deux vies : celle de responsable agricole la journée et celle de la ferme la nuit. J’ai bossé comme une acharnée, je ne regrette rien. Je l’ai fait pour le collectif, pour les autres. C’est ce qui m’a toujours guidée. »
La fierté du chemin parcouru
Aujourd’hui, Blandine a choisi de se consacrer pleinement à son exploitation. Après des années passées au service des autres, elle entend désormais continuer de faire vivre Mariaville, développer l’accueil et poursuivre son travail sur cette terre à laquelle elle est profondément attachée. L’évocation de ses parents, qui ont tant peiné pour maintenir l’exploitation, la touche encore. « Je suis fière aujourd’hui de ce qu’est devenu Mariaville et de faire perdurer le domaine. » Une fierté qui n’efface pas les difficultés, mais mesure le chemin parcouru.