Industrie
Brandt : une reprise à l’étude sous haute prudence
Depuis la liquidation judiciaire de Brandt, le 11 décembre, l’avenir du site de Saint-Jean-de-la-Ruelle demeure incertain. Le projet de reprise annoncé le 24 décembre par Thomson Computing ravive l’espoir.
Depuis la liquidation judiciaire de Brandt, le 11 décembre, l’avenir du site de Saint-Jean-de-la-Ruelle demeure incertain. Le projet de reprise annoncé le 24 décembre par Thomson Computing ravive l’espoir.
Le 11 décembre, le tribunal des activités économiques de Nanterre a prononcé la liquidation judiciaire du groupe Brandt, dernier grand fabricant français d’électroménager. Cette décision met un terme à plusieurs mois de redressement judiciaire et concerne près de 700 salariés, répartis principalement entre les sites de Saint-Jean-de-la-Ruelle, dans le Loiret, et près de Vendôme, dans le Loir-et-Cher. Malgré plusieurs pistes de reprise étudiées, dont un projet de société coopérative porté par des salariés, aucune n’a été jugée suffisamment solide pour assurer la pérennité de l’activité.
Une annonce de reprise portée par Thomson Computing
Le 24 décembre, un nouveau scénario est venu relancer le dossier. Thomson Computing, par la voix de son dirigeant Stéphan Français, a présenté un projet de reprise partielle du site orléanais de Brandt. L’offre porterait sur le maintien d’une activité industrielle et logistique, avec la perspective de sauvegarder environ 150 emplois dans un premier temps. À moyen terme, le projet évoque une montée en charge progressive des effectifs, sous réserve de résultats économiques jugés satisfaisants.
Le plan prévoit un investissement global estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros, combinant fonds privés et soutiens publics, et une diversification de l’activité autour de produits mêlant électroménager, électronique et informatique.
Une prudence clairement affichée par l’État
Si cette annonce a été accueillie favorablement par les élus locaux, la position du gouvernement reste mesurée. Le ministre délégué chargé de l’Industrie a rappelé que cette proposition constituait, à ce stade, une intention et non une reprise actée. L’État entend examiner le projet dans le cadre strict de la procédure judiciaire, en évaluant sa solidité industrielle, financière et sociale avant tout engagement.
Cette prudence vise notamment à éviter un scénario de reprise fragile, susceptible de conduire à de nouvelles difficultés à court ou moyen terme.
Un calendrier encore incertain
L’offre de Thomson Computing devra désormais être formalisée et examinée dans le cadre d’un appel à candidatures piloté par le liquidateur judiciaire, attendu courant janvier. D’ici là, aucune décision définitive n’a été prise concernant l’avenir du site de Saint-Jean-de-la-Ruelle ni le nombre exact d’emplois susceptibles d’être conservés.
Dans ce contexte, le dossier Brandt reste ouvert. Entre espoir de relance industrielle et vigilance institutionnelle, les prochaines semaines seront déterminantes pour l’avenir du site loirétain et de ses anciens salariés.