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Camade, artiste de la transparence

Artiste verrier, Élise Giraud a ouvert son atelier à Saulnières (Eure-et-Loir) où, sous le nom de Camade, elle poursuit son rêve : créer et restaurer des vitraux.

Dans un petit atelier niché sur les hauteurs de Saulnières (Eure-et-Loir), Élise Giraud semble avoir trouvé sa voie. Depuis quelques années, elle y chemine, sereine, entre restauration du patrimoine et expression de sa liberté.

Elle est artiste verrier. Un talent qu’elle a voulu exprimer dès ses 12 ans, juste après avoir rencontré la cathédrale de Chartres à l’occasion d’une étape d’un voyage entre sa ville de Montpellier et des vacances en Bretagne.

« Restaurer et créer des vitraux », répond-elle dès lors qu’on lui demande ce qu’elle voudrait faire plus tard.

Alors elle se forme. Soutenue par sa famille, elle effectue un premier stage en atelier à 13 ans, passe son bac, puis une licence en Arts plastiques avant d’intégrer l’école du verre, le Cerfav* en Lorraine où elle obtient un diplôme de Compagnon verrier européen. Elle enrichit son enseignement avec des stages en Italie puis, en 2005, au sein des célèbres Ateliers Loire à Chartres, où elle restera en poste durant onze ans.

Quoi de plus logique ensuite, pour voler de ses propres ailes, que d’installer son atelier en Eure-en-Loir...

Élise Giraud se choisit un nom d’artiste : « Camade est un hommage à mon arrière-grand-père. Il était peintre amateur, bien dans son époque et signait ses toiles Camado ».

Elle se lance donc, restaure et crée des vitraux pour les églises de Montfort-l’Amaury (Yvelines), Tremblay-les-Villages ou Sacquenville (Eure), donne des cours et expose ses créations pour la première fois à Dreux en 2014.

Elle monte également des projets avec des écoles comme celle de Saint-Luperce : « Les enfants adorent. Ils découvrent un métier, des techniques et ça crée un pont pour ceux qui ne sont pas trop scolaires, ils se surpassent et les parents sont enthousiastes », pointe-t-elle.

En tant qu’artiste, Élise Giraud aime surtout la recherche : « J’ai envie de changer les codes du vitrail. Sortir du conventionnel, introduire de la sculpture par exemple ». Elle détourne également des objets, à l’image de ses portes de 2 cv qu’elle sublime en rendant hommage à cette voiture mythique.

Elle s’inspire aussi de textes anciens et leur trouve une résonnance avec le présent.

Pour elle, le vitrail demande patience, perfectionnisme, débrouillardise et passion : « On ne fait pas ça pour l’argent en premier ». Une artiste à découvrir, donc.

Hervé Colin


*Centre européen de recherches et de formation aux arts verriers

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