Aviculture
Canicule : les aviculteurs du Loiret s’adaptent déjà
Alors que plusieurs médias se sont fait l’écho ces derniers jours d’importantes mortalités dans les élevages avicoles français, le Loiret semble avoir été moins touché. Mais pour les éleveurs interrogés, la canicule a rappelé une urgence. Il faut adapter les bâtiments et les pratiques face à des coups de chaleur appelés à se répéter.
Alors que plusieurs médias se sont fait l’écho ces derniers jours d’importantes mortalités dans les élevages avicoles français, le Loiret semble avoir été moins touché. Mais pour les éleveurs interrogés, la canicule a rappelé une urgence. Il faut adapter les bâtiments et les pratiques face à des coups de chaleur appelés à se répéter.
Des millions de volailles mortes au niveau national, mais pas de « gros crash » signalé dans le Loiret. Ces derniers jours, la canicule a frappé une partie de la filière avicole française, avec des pertes surtout rapportées dans le Grand-Ouest. Dans le département, les éleveurs interrogés ne font pas état de mortalités massives. Ils pointent en revanche des animaux ralentis, des prises de poids moins bonnes et un besoin d’adaptation des élevages. « Je n’ai pas eu vent de grosses pertes dans le Loiret », indique Jean-Willem Coppoolse, aviculteur à Beauchamps-sur-Huillard et élu à la chambre d’Agriculture du Loiret chargé du dossier élevage-volaille. Même constat pour Guillaume Foucher, aviculteur à Coudroy et président de l’Adal, l’Association départementale des aviculteurs du Loiret.
Des lots jeunes moins exposés
À Noyers, Xavier Morin n’a pas enregistré de pertes. L’éleveur avait alors des poussins et de jeunes dindonneaux. « C’est justement parce qu’ils étaient jeunes que ça a été », explique-t-il. Les volailles lourdes, proches du départ, restent les plus sensibles aux coups de chaleur. Jean-Willem Coppoolse fait le même constat. Sur son exploitation, les lots de poulets étaient en démarrage. Ses dindes, plus avancées, ont davantage subi. « Elles n’ont pas profité comme d’habitude », constate l’éleveur. Sans mortalité, la chaleur a donc pesé sur la prise de poids.
Des pratiques déjà modifiées
Face aux fortes températures, les éleveurs insistent sur l’anticipation. Xavier Morin prépare ses bâtiments dès le mois de mai. Courroies des ventilateurs, moteurs, buses de brumisation : tout est contrôlé avant l’été. « Ce n’est pas le jour où ça arrive qu’il faut se dire mince », souligne-t-il. Pendant les pics de chaleur, il adapte aussi la conduite des lots. Les lumières sont coupées de midi à 19-20 heures, les volets sont fermés et les interventions sont limitées dans les bâtiments. L’aliment est coupé en journée, puis remis le soir, lorsque les températures baissent. Un réhydratant peut aussi être ajouté dans l’eau de boisson.
Jean-Willem Coppoolse a lui aussi modifié ses pratiques après avoir connu de lourdes pertes par le passé. « Quand tu ramasses 7 000 poulets morts, c’est très compliqué… », témoigne-t-il. Depuis, il réduit les densités à partir d’avril, avec deux poulets de moins au mètre carré.
Vers de nouveaux équipements
Les éleveurs regardent aussi vers de nouveaux systèmes de refroidissement. Le pad cooling fait partie des pistes. Le principe consiste à faire passer l’air entrant à travers des panneaux humidifiés, afin de rafraîchir l’ambiance du bâtiment. Xavier Morin estime que la brumisation a ses limites lorsque les températures montent trop haut. Jean-Willem Coppoolse cite aussi des systèmes déjà utilisés dans des pays plus chauds, comme l’Espagne ou certains pays africains. « On se rend compte que nous avons un vrai besoin d’adaptation », estime-t-il.
Guillaume Foucher rappelle que d’autres leviers existent, comme la plantation d’arbres autour des bâtiments. Sur son exploitation, des peupliers apportent de l’ombre et participent au rafraîchissement.
Des cahiers des charges à adapter ?
La canicule interroge aussi les élevages sous labels, soumis à des cahiers des charges. Pour Guillaume Foucher, certains bâtiments ne disposent pas des mêmes équipements de refroidissement que les élevages en bâtiment. « On considère que les animaux sortent quand il fait trop chaud », explique-t-il. Mais avec des températures aussi élevées, le raisonnement atteint ses limites. Pour les éleveurs interrogés, l’enjeu n’est pas de remettre en cause ces démarches, mais de permettre des adaptations en cas de coup de chaleur.
Dans le Loiret, la canicule n’a pas provoqué de pertes massives. Mais elle a déjà changé la manière de conduire les élevages.
Voir aussi Canicule : rappel des obligations des employeurs agricoles