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Christiane Lambert : « Nous jugerons l’action du gouvernement à l’aune des décisions qui seront prises »

En moins d’une semaine, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, accompagné de Jérémy Decerle, président de Jeunes Agriculteurs, a rencontré le président de la République et le Premier ministre.

Comment s’est passé le rendez-vous du 20 juillet avec le président de la République ?
Christiane Lambert : Le rendez-vous avec le président de la République, qui s’est déroulé le 20 juillet, un an après le lancement des États généraux de l’Alimentation (EGA), était très attendu. La loi issue des EGA aurait dû être bouclée à cette date. Malheureusement, elle repart pour un tour devant les Assemblées. Un peu plus d’un mois avant ce rendez-vous, nous avions, par notre action syndicale (10 au 13 juin), interpellé le gouvernement et le président sur leur ambition pour l’agriculture. Indéniablement, notre forte mobilisation a accéléré le rendez-vous. Il a été l’occasion pour la FNSEA et Jeunes Agriculteurs, reçus avec les trois autres syndicats, de faire un point d’étape sur la loi issue des EGA, d’évoquer la compétitivité, la PAC et les échanges commerciaux, qui inquiètent les agriculteurs.

Et celui avec le Premier ministre ?
C.L : Avec Jérôme Depsey et Jérémy Decerle, nous avons rencontré Edouard Philippe le 25 juillet au soir. Le principal objectif de ce rendez-vous était de revenir sur les deux sujets évoqués avec le président de la République : le coût du travail saisonnier et les indicateurs de coût de production. Nous y sommes allés avec la volonté de dégager des pistes concrètes d’amélioration.

Comment le président de la République a-t-il accueilli vos messages ?
C.L : Le président de la République a été à l’écoute pendant deux heures et a réaffirmé l’importance géopolitique de l’agriculture et la nécessaire sauvegarde de la souveraineté alimentaire. Il a souligné que quand la France présidera le G7, il mettra en avant la souveraineté alimentaire et énergétique. Nous ne sommes pas une activité comme les autres qui peut être délocalisée. L’agriculture, 71 milliards d’euros et l’industrie agroalimentaire, 171 milliards d’euros pèsent quatre fois plus que l’aéronautique et l’aérospatiale en chiffre d’affaires. Voilà pourquoi Emmanuel Macron ne peut pas ignorer le poids économique et social de l’agriculture qui, de surcroit, tient les territoires. Sur la compétitivité, il a été attentif à la perte de performance de l’agriculture, mais nous jugerons à l’aune des décisions prises pour son redressement. Il ne peut ignorer notre message : « N’importons pas l’agriculture que nous ne voulons pas chez nous ». Mais, là aussi, des réorientations s’imposent.

Quels messages avez-vous portés au président de la République ?
C.L : Le premier temps de ce rendez-vous a donc été consacré aux EGA. La FNSEA et JA se sont pleinement impliqués dans les quatorze ateliers et ont formulé des propositions autour des objectifs posés par le gouvernement : créer de la valeur et mieux la partager d’une part, répondre aux attentes des consommateurs et de nos concitoyens, d’autre part. Les débats lors des ateliers ont été constructifs. En revanche, le débat devant les Assemblées a été noyé dans des sujets qui ont été diabolisés, comme le bien-être animal et les produits phytosanitaires. Les agriculteurs ont eu le sentiment que le cœur du débat, les prix, a malheureusement été sous-considéré. Il était donc essentiel de rappeler au président de la République que notre priorité reste le revenu des agriculteurs. Le quotidien des productions nous montre tous les jours combien cette bataille des prix et des revenus est d’actualité, que ce soit pour les productions animales ou végétales. Nous demandons donc des dispositifs qui permettent de construire les prix en marche avant. Le président s’est dit très attaché à la réussite des EGA, notamment pour mettre fin à la guerre des prix, mais très exigeant vis-à-vis de la profession, pour que les plans de filières soient vraiment la colonne vertébrale de la modernisation de l’agriculture. Pour conclure les EGA, plusieurs rendez-vous ont été actés, un avec le Premier ministre mi-septembre et un fin septembre avec le président de la République. L’objectif étant d’être prêts pour les prochaines négociations commerciales. Nous attendons désormais les dispositifs qui seront effectivement votés à l’automne.

Comment avez-vous accueilli l’échec de la Commission mixte paritaire ? (...)

Retrouvez la suite de l'interview dans notre édition de la semiane.

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