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Clément Chevet : « Produire tout au long de l’année grâce à deux sites »

Installé à Presle-en-Brie sur l’exploitation familiale orientée vers la production de fleurs comestibles et de plantes aromatiques, Clément Chevet a rejoint son père et son frère en 2012.

Des fleurs comestibles et des plantes aromatiques : les productions de l’EARL Chevet à Presle-en-Brie sont peu communes en Ile-de-France.

Depuis 2012, Clément Chevet a rejoint son père, Dominique Chevet, et son frère, Thibault, sur l’exploitation, dès qu’il a décroché son DUT GEA (gestion des entreprises et administration), « une formation adaptée à la gestion d’une société, même agricole, où l’administratif prend une part de plus en plus importante » selon lui.

Si durant les années collège, il s’est intéressé à différents métiers – électricien, musicien…-, il mûrissait le projet de s’installer sur l’exploitation agricole depuis la classe de seconde.

Il s’occupait au départ essentiellement de l’administratif, puis s’est formé sur le tas aux pratiques agricoles avec son père. « Depuis ma jeunesse, je travaillais sur l’exploitation durant les week-ends ou les vacances », explique le jeune homme de 27 ans qui vit dans ce milieu depuis toujours : « nous n’avions jamais d’argent de poche sans rien faire en échange. D’ailleurs dès que j’ai eu mon permis, j’effectuais quelques livraisons ».

« Si à mon arrivée, c’est la gestion de la société qui m’intéressait, les cultures et la technique m’ont plu. Aujourd’hui, dès que je peux quitter le bureau, je suis le plus heureux », note tout sourire le jeune agriculteur.

Se retrouver à trois sur l’exploitation agricole a permis de mettre un coup de booster pour développer l’entreprise. Dès 2014, ils acquièrent vingt-trois hectares à Fontenay-Trésigny.

Un bâtiment de 1500 m occupé par des bureaux, le stockage et le conditionnement, le matériel et des serres seront construits pour augmenter les quantités produites.

Une production en agriculture biologique sera également développée sur l’un des deux sites. « Aujourd’hui, il est interdit de produire une culture en bio et en conventionnel sur le même site si la culture n‘est pas distinguable à l’œil nu », souligne Clément, alors que la demande existe pour les deux types de production et que les traitements sont déjà quasi inexistants.

De plus, depuis trois ans, l’entreprise se développe dans la région de Perpignan (Pyrénées-Orientales).

La famille Chevet loue quelques hectares à Palau-del-Vidre afin d’assurer une offre de produits tout au long de l’année à la clientèle.

Et les premières saisons sont très satisfaisantes pour Clément : « Avant on envoyait nos clients chez des concurrents. Et les produits français sont très demandés. Toutefois, certaines plantes comme le basilic, la ciboulette, l’aneth ne peuvent pas être produites à cette saison, même dans le Sud de la France en raison de températures trop basses ou d’un manque de luminosité. »

Il s’occupe du site de Perpignan où il se rend chaque mois une semaine et se fait aider par sa mère, qui vit là-bas, et un producteur local. En effet, les techniques de production sont différentes en Occitanie. Le climat les oblige à gérer la tramontane et les pluies violentes.

La diversité des sites permet aussi d’optimiser la qualité des produits. « Aujourd’hui, après cette période de gelée, c’est aussi une chance ».

Quel que soit le site de culture, les produits arrivent directement sur le Carreau des producteurs à Rungis. La marque Saveurs Paris-Ile-de-France est un atout, les clients portant un intérêt de plus en plus important au manger local.

Persil, menthe, coriandre, basilic représentent le marché le plus important pour les plantes aromatiques.

Quant aux fleurs comestibles - bourraches, capucine, ail fleur pensées…-, une gamme de plus en plus large est proposée. Poivrées, sucrées, acides, goût d’ananas : visiter l’exploitation avec Clément conduit à une balade où tous les sens sont en éveil.

A l’avenir, Clément Chevet aimerait obtenir la certification agriculture raisonnée et l’appellation du collège culinaire de France. Pour cela, de longues heures au bureau l’attendent encore.

L.G.-D.

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