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Conjoncture 2018 : des écarts qui se creusent

La réunion conjoncture du CERFrance Champagne - Nord-Est - Île-de-France s’est tenue à La Rochette (Seine-et-Marne) le 5 octobre. Si les résultats restent stables pour les groupes de tête, les écarts se creusent entre les exploitations d’un même système.

Dans un contexte marqué par une production mondiale de blé en retrait (- 5,5 %), une qualité moyenne (12 % de taux de protéines et 50 % des blés classés en qualité premium) et une hausse des cours, mais un secteur sucrier qui doit faire face à l’arrêt des quotas, de grosses productions au Brésil et en Inde et des conditions climatiques particulières (printemps très humide et été sec et chaud), le CERFrance Champagne - Nord-Est - Île-de-France a tenu sa traditionnelle réunion conjoncture à destination de ses partenaires vendredi 5 octobre à La Rochette.

En 2018, en Seine-et-Marne, on note des évolutions des assolements dont une forte baisse de la sole en orge d’hiver (- 10 %) en raison d’inondations qui ont obligé les exploitants agricoles à se reporter vers d’autres cultures.

Les rendements en blé sont globalement satisfaisants (78 à 81 qx/ha du nord au sud du département) malgré une grande hétérogénéité. Par contre, concernant les cultures en cours de récolte (betteraves, pommes de terre et maïs), les rendements sont annoncés en forte baisse.

Parmi les hypothèses de prix retenus, on note celui du blé (165 euros/tonne). La baisse des DPB (Droits à paiement de base) et des aides découplées sont intégrées.

Les charges repartent à la hausse avec + 25 % pour les cotisations et contributions sociales (une valeur qui varie fortement en fonction du système de calcul et de l’historique de chaque entreprise), + 30 % pour le carburant, + 10 % pour les engrais et amendements (+ 20 % pour les betteraviers).

Ainsi, le système polyculteur nord (170 hectares de moyenne) dégagerait un résultat proche de celui de 2017 (156 euros/hectare contre 154 euros/ha) avec une inquiétude pour le groupe regroupant les 25 % de structures les moins performantes. Concernant les exploitations du quart supérieur, l’augmentation des produits se retrouve intégralement dans le résultat.

Il faut souligner que des exploitations décrochent en blé ou en maïs (+ ou - une tonne par hectare de blé engendre + ou - 78 euros/hectare de résultat).

L’excédent brut d’exploitation serait en hausse de 30 euros en moyenne. Si la trésorerie est de plus en plus difficile pour les structures les moins performantes, le quart supérieur reste sur un disponible acceptable bien que dégradé par rapport à 2017.

Le même constat peut être fait pour le système polyculteur de la région Centre (158 hectares) avec un résultat moyen de 143 euros/ha (en baisse de 33 euros/ha) malgré un produit proche.
Quant au système polyculteur sud (158 hectares), les résultats sont meilleurs qu’en 2017 (340 euros/ha contre 192 euros/ha). Mais la situation financière des exploitations se trouvant dans le quart inférieur (dont le résultat est négatif pour ce système) est de plus en plus difficile.

Concernant le système betteravier, avec un résultat courant de 195 euros/hectare, il se dégrade malgré un produit brut équivalent à la récolte 2017 et par voie de conséquence des situations de trésorerie qui deviennent moins confortables. À noter, des rendements retenus qui pourraient être un peu optimistes au vu de conditions de sécheresse persistante.

Enfin, si les cours sont repartis à la hausse en production laitière, de gros écarts se font jour notamment en fonction de la productivité, du prix payé et des charges alimentaires, trois critères prépondérants pour ces ateliers.

Quel que soit le système de production, productivité, maîtrise des charges et parfois de commercialisation sont des points clés de la compétitivité des entreprises.

Dans un second temps, après un rapide point sur la réforme de la fiscalité et les actions du CERFrance en la matière, les scénarios stratégiques possibles pour être en phase avec les évolutions sociétales et assurer la pérennité des entreprises ont été présentés. Ils sont issus de travaux de veille économique menée en commun au niveau du CERFrance national.

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