Exposition
Couleurs de guerre
Le Musée de la Grande guerre à Meaux (Seine-et-Marne) propose une exposition sur le rôle de la couleur durant ce conflit, souvent perçu à travers le prisme du noir et blanc.
Le Musée de la Grande guerre à Meaux (Seine-et-Marne) propose une exposition sur le rôle de la couleur durant ce conflit, souvent perçu à travers le prisme du noir et blanc.
Deux cents objets, œuvres et documents composent l’exposition temporaire Couleurs de guerre* ouverte jusqu’au 3 janvier prochain au Musée de la Grande guerre à Meaux (Seine-et-Marne). Elle permet aux visiteurs de sortir des représentations mentales en noir et blanc que l’on se fait de la Première Guerre mondiale et invite à comprendre ce qu’est une couleur, comment elle est fabriquée et ce qu’elle signifie à travers les uniformes, les symboliques et des autochromes.
L’exposition, qui débute par une affiche sur les emprunts de guerre réalisée après le conflit, exprime parfaitement le rôle des couleurs : on passe de la guerre en noir à la couleur pour le futur. Longtemps issues de matières naturelles, notamment des végétaux, les couleurs ont évolué au XIXe siècle avec le développement des colorants de synthèse par des chimistes allemands. En France, les producteurs de garance — plante cultivée pour la teinture rouge extraite de ses rhizomes — du Vaucluse ont été ruinés en moins de vingt ans, alors même que cette couleur continuait d’être utilisée pour les pantalons des soldats au début de la guerre.
Dans un second espace, des clichés de guerre et de la vie à l’époque, pris selon le procédé de l’autochrome, sont exposés. Cette technique photographique, utilisant de l’amidon de pomme de terre et brevetée par les frères Lumière, permettait d’obtenir des images en couleurs.
Puis le visiteur découvre l’usage des couleurs dans les uniformes. En France, le pantalon garance du début du conflit, jugé trop visible en raison de sa teinte rouge, évolue après différentes réflexions pour aboutir aux tenues bleu horizon dès avril 1915. Cette tenue équipe alors toutes les armées, sauf celles des colonies. L’idée du camouflage n’était pas théorisée avant ce conflit. Elle a souvent émergé grâce aux œuvres des artistes mobilisés.
Enfin, la symbolique des couleurs, de manière générale et dans le cadre du premier conflit mondial, est détaillée. Elles ont été choisies parmi celles définies par l’historien Michel Pastoureau. Des objets et des œuvres sont présentés et analysés à travers le prisme de la couleur et de ses nuances, comme la robe noire d’une veuve de guerre, le passepoil jonquille des chasseurs alpins, le brassard blanc d’un personnel de santé ou encore un tableau avec du blé. Le discours des lauréats du concours d’éloquence pour lequel les élèves ont travaillé sur la thématique France 1919 : toutes et tous en violet, est diffusé à proximité de cette couleur symbolisant les suffragettes.
En abordant les dimensions scientifiques, techniques, économiques et sociétales de la couleur, cette exposition propose une lecture différente de la guerre 1914-1918. Depuis peu, en complément des collections permanentes, des expositions temporaires, des wagons et de la reconstitution d’une tranchée, le visiteur peut également, à certaines dates, visionner le film Champ de bataille en réalité virtuelle.
*Labellisée Exposition d’intérêt national.