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Cuba met la campagne dans les villes

Après 1991, l’île de Cuba perd son principal soutien, l’URSS. En fait, le pays perd d’un coup à la fois son mentor, son banquier, son fournisseur et son protecteur. Du coup, l’agriculture cubaine doit prendre un virage forcé. Il n’est plus question de fertilisant ou de produit phytosanitaire, plus question de transport entre les zones de production et de consommation, plus question de machine neuve.

Et pourtant, la population doit manger correctement puisque la santé des habitants est l’un des piliers de la révolution castriste de 1958. Le ministre d’alors, Raul Castro (le frère de Fidel et désormais président de Cuba), engage son pays sur la voie de l’agriculture urbaine.

Concrètement, il crée dans toutes les villes — on en voit même dans les très petits villages — des sortes d’espaces maraîchers de la taille d’un grand parking où des ouvriers, organisés en coopératives, cultivent toutes sortes de légumes ou de fruits qui sont vendus aux habitants — selon un prix issu d’un modèle purement libéral de confrontation de l’offre et de la demande — dans des cahutes accessibles facilement à pied ou à bicyclette (photo à San José de las Lajas).

Comme beaucoup de ces nouveaux ouvriers agricoles sont alors novices, l’État organise un réseau de formation. Ce programme est combiné à l’adoption de l’agriculture écologiquement intensive. Forcément, sans intrant, il n’y a plus beaucoup d’autres choix.

Aujourd’hui, selon les autorités cubaines, l’agriculture urbaine concernerait 350 000 « agriculteurs » sur 70 000 ha.

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