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"De grands changements"

Arnaud Huteau préside la coopérative de Boisseaux.

© O. J.

Comment gérez-vous la crise sanitaire ?

Arnaud Huteau : Les collaborateurs de la coopérative sont isolés. Ceux qui travaillent dans les bureaux restent dans les bureaux et ceux qui travaillent dans les silos restent dans les silos. Les échanges se font par téléphone.

Fonctionnez-vous normalement ?

Nous sommes dans la filière alimentaire. Les meuniers viennent chercher du blé en permanence. Nous devons donc rester ouverts. Le personnel administratif qui le peut est en télétravail. Aujourd’hui, vous arrivez à me joindre car j’effectue un passage éclair afin que nos équipes ne se sentent pas abandonnées.

Comment les choses se passent-elles avec les adhérents ?

Ceux-ci prennent rendez-vous quand ils veulent s’approvisionner. Nous leur préparons leur commande et nous la mettons, par exemple, devant le bâtiment dédié aux phytosanitaires. L’agriculteur ne croise pas l’opérateur.

Parvenez-vous à vous adapter à la situation ?

Celle-ci occasionne de grands changements. Il n’y a plus de contact humain. Mais nous ne sommes pas en rupture de stock. Il n’y a pas de surcroît d’activité. Celle-ci est même plus ralentie qu’en temps normal.

Qu’avez-vous dit à vos collaborateurs ?

Le maître-mot, c’est la protection. Les salariés sont équipés de masques anti-poussière. Ceux-ci, à défaut d’être totalement efficaces, évitent de se toucher le visage.

Quelles sont les répercussions économiques de la crise ?

Pour l’instant, ce n’est pas notre premier souci. La priorité est de protéger les personnes. Cependant, nous construisons un silo. Celui-ci devait entrer en service lors de la moisson 2020. L’arrêt des travaux occasionnera un préjudice. Concernant l’activité régulière, les expéditions de blé dur et d’orge se font relativement normalement. Je pense donc que l’argent va rentrer.

Quel est l’état d’esprit des adhérents ?

La situation est représentative du reste de la population. Au début, les gens se moquaient des précautions que nous avions prises. Aujourd’hui, tout le monde est conscient que c’est grave.

Propos recueillis par Olivier Joly

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