De l'eau pour les irrigants d'Eure-et-Loir
L'Association des irrigants d'Eure-et-Loir a réuni ses adhérents en assemblée générale jeudi 19 mars à Chartres, l'occasion de faire le tour des dossiers en cours et de les rassurer sur l'état de recharge des nappes.
L'Association des irrigants d'Eure-et-Loir a réuni ses adhérents en assemblée générale jeudi 19 mars à Chartres, l'occasion de faire le tour des dossiers en cours et de les rassurer sur l'état de recharge des nappes.
La recharge de la nappe de Beauce a été tardive mais efficiente, apprend-on lors de l'assemblée générale de l'Association des irrigants d'Eure-et-Loir (AIEL) qui se déroule jeudi 19 mars à Chartres, sous la houlette d'Aymeric Souchet.
Pas de restrictions
« La situation est semblable à celle de l'an dernier, confirme Francis Golaz, chargé de la gestion quantitative pour la chambre d'Agriculture. La recharge est bonne pour la partie est du département, moyenne pour la nappe de Craie mais reste plus difficile pour celle du Cénomanien. Cela veut dire que le coefficient sera de 1*, il n'y aura pas de restriction de volume. Par contre, cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de difficultés sur les rivières si un temps sec s'installe ».
Le chargé de mission fait ensuite un focus sur la nappe de Craie. Plus particulièrement au piézomètre d'Houville-la-Branche, sur le secteur de Francourville, où des restrictions peuvent s'appliquer. « Aujourd'hui, la situation est plutôt confortable avec un niveau 3 mètres au-dessus du seuil de gestion », relève-t-il.
Francis Golaz revient ensuite sur les prélèvements en nappe de Beauce de la campagne 2025. Ceux-ci ont représenté 62,2 % du volume prélevable mais neuf dépassements et quatre prélèvements sans attribution de volume ont été relevés. « Tout dépassement est retranché sur le volume de la campagne suivante mais cela ne vaut pas autorisation, les dépassements peuvent être verbalisés », prévient-il avant d'ajouter que les irrigants avaient la possibilité de demander un volume inférieur à leur volume de référence, ce qui permet de réduire sa cotisation.
Conseillère irrigation de l'Organisme unique, Maëlys Cadec parle ensuite de l'OAD Net-Irrig pour laquelle la Chambre a mis en place un partenariat ouvrant droit à des tarifs préférentiels. Cet outil est conçu « pour piloter l'irrigation en fonction de la situation de chacun. Il prend en compte la culture, son stade, le type de sol, la réserve utile, le matériel et les précipitations pour préconiser les déclenchements ».
La suite des travaux de l'assemblée générale laisse la place à une intervention revigorante de la géographe et économiste Sylvie Brunel : « J'essaye de défendre la vision et les enjeux du monde agricole face à des gens qui ont oublié la peur de manquer, lance-t-elle en introduction. Ce qui me vaut quelques attaques… » (nous reviendrons sur son intervention prochainement).
Aucune restriction
Avant tout cela, dans son rapport moral, le président de l'AIEL, Aymeric Souchet, a d'abord eu une pensée pour son prédécesseur, Jean-François Robert, « qui se remet tranquillement d'un AVC ». Il revient ensuite sur la campagne 2025 qui « s'est déroulée dans d'excellentes conditions. Aucune restriction d'eau n'a été mise en place grâce à une bonne recharge de nos nappes pendant l'automne et l'hiver précédents. C'est suffisamment rare pour être souligné ».
Le président évoque quelques soucis cependant, comme les vols de câbles qui ont touché plusieurs adhérents, « entraînant des désagréments significatifs pour les exploitants concernés ». Il évoque également le dossier des forages de l'Aigre et la restitution de l'étude d'impact lancée en 2011 et reprise en 2023 : « Cette nouvelle étude a identifié douze forages considérés comme impactants. Une décision a été prise : essayer de déplacer ces forages en espérant trouver le même niveau de ressource au-delà de la bande de 800 mètres ».
L'association travaille au chiffrage du coût de ces déplacements et à leur financement : « Il faut rappeler que ces exploitants subissent les conséquences de l’étude, alors même que leurs forages avaient été autorisés par l’administration à l’époque de leur création ».
Volonté commune
Et conclut : « L’année écoulée a été riche en études, en concertations et en engagements. Mais elle traduit surtout notre volonté commune de préserver la ressource en eau, tout en assurant la pérennité de nos exploitations agricoles ».
*Ce coefficient doit cependant être pondéré par le coefficient de solidarité de 0,982.