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De nouveaux soignants au chevet des plus démunis

Grâce à son troupeau de lamas et d’alpagas, Isabelle Barberot, intervenante en médiation par l’animal, apporte bienfaits et mieux vivre à de nombreuses personnes. Un métier encore assez confidentiel qui mérite une pleine lumière.

C’est dans un lieu baigné de verdure, à Abbeville-la-Rivière (Essonne), que Nuneca, Chuspi et Caramel pointent le bout de leur nez.

Isabelle ­Barberot vient à peine de prononcer leur nom que deux lamas et un alpaga déboulent aussitôt auprès d’elle. « Voici quelques-uns de mes partenaires, souligne-t-elle en faisant les présentations. Ce sont eux qui m’ont amenée vers la médiation animale  ».

La médiation par l’animal, métier encore assez confidentiel appelé aussi « zoothérapeute  », a pour objectif de faire découvrir à des publics divers et variés les bienfaits apaisants des animaux grâce à des séances de « zoothérapie ».

« Ces séances, à visée thérapeutique, pédagogique, éducative ou de loisir, s’adressent aussi bien aux enfants qu’aux adultes plus ou moins âgés en situation de fragilité ou de handicap, physique comme psychologique. Il vient en complément d’un travail thérapeutique effectué sur la personne par des professionnels de santé (psychologues, éducateurs, kinésithérapeutes…) », explique-t-elle.

L’animal n’est jamais choisi par hasard mais pour ses qualités intrinsèques. «  Pour ma part, la rencontre a eu lieu il y a dix ans, lorsque j’ai acquis un lama et un alpaga pour débroussailler un sous-bois  ». Sous le charme de ces animaux, Isabelle Barberot s’est informée et a enchaîné une succession de formations pour les comprendre, les manipuler et les éduquer dans un souci permanent de bien-être de l’animal.

« Ce sont des camélidés cousins, au tempérament grégaire, mais assez différents. Le lama, qui mesure environ 1,70 m au garrot, est bien plus grand que l’alpaga qui atteint difficilement 1 m. Mais il est surtout assez expansif et vient très facilement au contact de la personne, à l’inverse de l’alpaga, plus réservé. Comme tout animal, il nécessite d’être bien entretenu (brossage, tonte, entretien des ongles, vermifugés) et suivi comme il se doit sur le plan sanitaire par un vétérinaire (vaccins, etc.). Leur durée de vie avoisine les 20 ans.  »

Pour asseoir ses connaissances en médiation animale, Isabelle Barberot s’est formée et a obtenu, en 2016, le titre d’Intervenante en médiation par l’animal (IMA) dispensé par l’Institut Agatéa de Colmar, seul diplôme reconnu par l’État en la matière.

L’étape franchie, elle a créé l’année suivante son association « Le Lama et ses ressources  » pour intervenir aussi bien en institution (Ephad, Institut médico-éducatif, etc.) que dans son propre lieu d’accueil, les Sources d’Éclimont, qu’elle partage avec son mari qui y exerce une activité de loisir spécialisée dans la pêche à la mouche.

Aujourd’hui, son troupeau se compose de huit lamas et de deux alpagas.

«  J’ai aussi des cochons d’Inde et des lapins qui complètent les interactions que je peux avoir avec certains publics, notamment les enfants, et puis les structures d’accueil qui font appel à moi ont ainsi le choix de l’animal  », ajoute-t-elle.

Les bienfaits de la médiation animale ne sont plus à démontrer. L’animal apporte une certaine autonomie, favorise l’estime de soi, restaure certaines sensations, et vient apaiser de nombreuses angoisses. En période de déconfinement, Isabelle Barberot a d’ailleurs vu affluer les demandes individuelles.

« Il y a quelques semaines, un couple est venu me voir avec sa fille autiste. Ces parents étaient assez désemparés devant l’état de stress extrême de cette jeune femme de 25 ans, qui venait de vivre trois mois d’enfermement. »

En cinq minutes, au contact de l’animal, la jeune femme a arrêté de crier et s’est apaisée. « Elle a fini avec le sourire par faire un câlin aux lamas, explique-t-elle. C’est assez spectaculaire et toujours très émouvant car les parents sont aussi repartis très heureux devant le mieux-être de leur fille.  »

Auprès des personnes âgées comme des personnes handicapées, le travail d’Isabelle ­Barberot est tout aussi étonnant.

Pour aller à la rencontre de ce public qui ne peut pas toujours venir sur son site, et grâce à des partenaires financiers (Département, Crédit agricole et MSA), elle s’est équipée d’une « lamamobile  » avec laquelle elle se déplace aisément dans les foyers et les instituts spécialisés. Les lamas Snow et Kerla prennent alors l’ascenseur pour monter dans les chambres des résidents et les apaiser. 

« J’interviens ainsi régulièrement et à l’année au foyer d’accueil médicalisé Le Malonnier à Morangis (Essonne) et à la Maison d’accueil spécialisée de Dadonville (Loiret) ».

« L’animal provoque des réactions positives qui maintiennent ou améliorent le potentiel physique ou psychosocial des personnes ou tout simplement leur qualité de vie, ajoute-t-elle. Des gestes simples du quotidien redeviennent possibles. En brossant l’animal, ils vont à nouveau étendre leurs membres, chercher à se tenir debout en le caressant, à lui donner à manger. L’animal conduit la personne à se dépasser, et quand bien même elle éprouve des difficultés, il ne juge pas ».

Dorénavant Isabelle ­Barberot intervient aussi auprès des futurs intervenants en médiation animale dans la formation Agatéa pour le pôle Île-de-France.

«  Je vois que l’intérêt pour ce métier est croissant mais nous sommes toujours un peu à la traîne en France. Par exemple, les zoothérapeutes ne sont pas encore acceptés auprès des personnes en fin de vie. C’est très dommage car nous pourrions apporter beaucoup  », conclut-elle à regret.

Laurence Augereau

Association Le Lama et ses ressources  : www.zootherapie-­mediation.com

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