FNSEA 41
Des agriculteurs moralement touchés mais heureux de se retrouver
Les membres de la FNSEA 41 se sont réunis au Domaine de Mariaville, à Vernou-en-Sologne (Loir-et-Cher), chez Blandine Terrier, vendredi 25 septembre pour évoquer ensemble la campagne particulièrement difficile.
Les membres de la FNSEA 41 se sont réunis au Domaine de Mariaville, à Vernou-en-Sologne (Loir-et-Cher), chez Blandine Terrier, vendredi 25 septembre pour évoquer ensemble la campagne particulièrement difficile.
La matinée du vendredi 25 septembre a commencé par un tour de table aux alentours de 9 h 30. Un exercice qui, finalement, ne s’est jamais véritablement terminé tant les difficultés sont nombreuses sur les exploitations. Près d’une vingtaine d’agriculteurs étaient présents pour le conseil d’administration de la FNSEA 41, avant de partager un repas convivial avec les adhérents du syndicat.
Des céréaliers à bout
La récolte des cultures de printemps s’est rapidement invitée dans les discussions, avec des résultats particulièrement décevants. « Les rendements de tournesol tournent entre 14 et 24 quintaux par hectare et seulement entre 12 et 14 quintaux pour les maïs non irrigués. On est pire qu’en 1976 concernant les cultures non irriguées », affirme un agriculteur, avant de se tourner vers Lucien Chevais, président de la Section départementale des bailleurs de baux ruraux de la FNSEA 41 (SDBBR 41), comme pour obtenir confirmation. « Je confirme, c’est aussi mauvais, voire pire », assure celui qui a connu cette époque.
Alors que les cultures de printemps ont particulièrement souffert du manque d’eau, les colzas doivent, eux, faire face à la présence de nouveaux ravageurs. « J’ai décidé de semer mes colzas après les quelques millimètres d’eau tombés lors d’un orage fin août. Ils avaient très bien levé et les punaises du colza ravagent tout. On est dans le flou. On voulait repartir de zéro après l’année dernière et nous voilà de nouveau touchés », s’agace un céréalier du Perche, lassé par l’enchaînement des campagnes difficiles. « L’assolement du colza sera catastrophique cette année. On sera sans doute à - 20 %, voire - 30 % sur toute la France », estime un membre de la FNSEA 41.
Le manque d’éleveurs pèse
Si les grandes cultures connaissent une campagne compliquée, certaines filières d’élevage font également face à des difficultés. C’est notamment le cas de l’élevage porcin, confronté actuellement à une baisse des prix. « On a déjà perdu 10 centimes en une semaine. Cela représente 25 000 euros à l’année. Les prix sont encore corrects, mais quand la descente est vertigineuse, c’est toujours dangereux », explique Lucien Chevais. De son côté, Blandine Terrier, hôte de la journée, a dressé un constat différent pour la filière volaille, où la demande reste soutenue mais où le manque de capacités de production commence à peser.
« On manque de bâtiments et de jeunes pour en construire de nouveaux. Nous manquons de volailles. Les vides sanitaires sont de plus en plus courts, allant désormais jusqu’à huit jours, c’est une folie », affirme-t-elle. Pour l’éleveuse, la filière conserve pourtant de réelles perspectives : « Il faut vraiment que des jeunes s’installent, il y a un vrai avenir dans les volailles ».
Toujours et encore les dégâts de gibier
Autre sujet ayant occupé une large partie des discussions : les dégâts de gibier. Du nord au sud du département, plusieurs agriculteurs ont fait part de leur lassitude face aux dégâts, notamment ceux provoqués par les sangliers. « Cela fait trente ans qu’on parle de ce sujet. Trente ans ! », s’est agacée Blandine Terrier. Le témoignage d’un autre agriculteur a illustré le découragement qui gagne certaines exploitations : « Les clôtures ne servent à rien. Alors je vais être cash. Il faut que l’État nous dise ce qu’il veut : soit il veut qu’on continue, soit cela ne sert à rien et on arrête de sacrifier nos familles ». Un constat auquel a fait écho un autre exploitant : « Je ne dors pas beaucoup la nuit en ce moment et je me demande si je vais encore pouvoir vivre de mon métier sur mon exploitation de Sologne ».
Un moment de convivialité pour conclure
Face à ces témoignages et à la lassitude exprimée au fil de la matinée, Olivier Hardouin, président de la FNSEA 41, a tenté de remobiliser les participants : « Il existe toujours des solutions et il faut continuer à se battre pour les trouver. C’est collectivement que nous devons parvenir à les faire émerger ». À la suite de ce tour de table, un important travail syndical a été mené autour de nombreux sujets, avec pour objectif de faire émerger des solutions collectives et de faire avancer les dossiers portés par le syndicat.
Les participants ont ensuite finalement laissé place à un moment plus convivial autour d’un repas partagé sous le soleil. L’occasion de se retrouver et de changer quelque peu d’air, même si, autour des tables, les préoccupations agricoles n’étaient jamais bien loin.