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Chambre régionale d'Agriculture Centre-Val de Loire : des fermes sous pression, des décisions attendues

Réunie vendredi 12 juin sous la présidence de Maxime Buizard, la session de la chambre régionale d’Agriculture a été marquée par une actualité agricole lourde.

Maxime Buizard Blondeau.
Maxime Buizard Blondeau, président de la chambre régionale d'Agriculture Centre-Val de Loire.
© Horizons - Archives

« Un ordre du jour plutôt léger, mais une session chargée par une actualité agricole dense. » Maxime Buizard a résumé ainsi la session de la chambre régionale d’Agriculture Centre-Val de Loire, tenue vendredi 12 juin à Orléans sous sa présidence. Conjoncture dégradée, prix des intrants, accès à l’eau, Sdage, zones vulnérables et souveraineté alimentaire ont nourri les débats.

Les débats se sont déroulés en présence d’Hugues Moutouh, nouveau préfet de la région Centre-Val de Loire, préfet du Loiret et préfet coordonnateur du bassin Loire-Bretagne. Le représentant de l’État a suivi l’ensemble des travaux. Selon Maxime Buizard, il s’est présenté comme un « préfet agricole », assurant qu’il serait attentif à la défense des intérêts des agriculteurs. Des propos remarqués, notamment sur les questions d’accès à l’eau et de gestion de la ressource.

Des trésoreries sous pression

À la veille de la moisson, la Chambre régionale a d’abord dressé un point de conjoncture préoccupant. Les rendements céréaliers devraient se situer dans la moyenne, avec toutefois des écarts attendus entre le nord et le sud de la région. Mais l’équilibre économique se dégrade. Les cours des céréales ont reculé de près de 10 % en un an, tandis que le prix des engrais et celui du GNR ont augmenté respectivement de 40 % et 30 %. « Il y a un an, pour acheter une tonne d’engrais, il fallait 1,7 tonne de blé. En mai, il en fallait trois », a illustré Maxime Buizard.

Dans ce contexte, la Chambre alerte sur des exploitations déjà fragilisées. En 2025, une grande partie des fermes céréalières de la région aurait dégagé un résultat nul ou négatif. Les productions animales ne sont pas épargnées, avec des marchés qui s’érodent depuis un an à un an et demi. « L’ensemble des filières de la région se retrouve aujourd’hui dans une difficulté économique certaine, et malheureusement durable », a insisté le président.

Souveraineté alimentaire et moyens de production

La session a également permis de faire un point sur les Conférences de la souveraineté alimentaire. La restitution régionale est prévue le 17 juillet, à 14 heures. Les groupes de travail, animés par la Chambre régionale pour le compte de l’État et de la Région, ont réuni représentants agricoles, syndicats, collecteurs, transformateurs et, selon les filières, distributeurs. Pour Maxime Buizard, les échanges ont fait émerger des ambitions intéressantes. Mais leur réalisation reste conditionnée à un point central : « Laisser aux agriculteurs les moyens de produire ». L’accès à l’eau, les intrants, les règles environnementales et les capacités d’investissement restent au cœur de cette équation.

Sdage, zones vulnérables et recours possibles

Plusieurs motions et délibérations ont été adoptées, presque toutes à l’unanimité. La première portait sur les projets des Sdage (Schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux) Loire-Bretagne et Seine-Normandie. La Chambre régionale demande aux Agences de l’eau de « changer de braquet » et de bâtir des politiques de l’eau compatibles avec les objectifs de production agricole et de souveraineté alimentaire. La délibération autorise également Maxime Buizard à engager un recours juridique si les textes à venir étaient jugés incompatibles avec l’activité agricole.

Une autre motion a alerté sur la conjoncture et les difficultés de trésorerie, avec une inquiétude forte : voir certains céréaliers renoncer à semer cet automne, faute de garantie sur la couverture de leurs coûts de production.

Le cuivre, autre sujet de crispation

La Chambre régionale s’est aussi prononcée sur le dossier du cuivre en viticulture. Après le réexamen par l’Anses des autorisations de mise sur le marché de plusieurs spécialités à base de cuivre, la profession redoute une impasse technique pour les vignerons. Le sujet ne concerne pas uniquement l’agriculture biologique : le cuivre reste aussi utilisé en viticulture conventionnelle, notamment contre le mildiou. Pour la Chambre régionale, ces retraits ou restrictions fragilisent directement une filière déjà sous pression. Elle demande donc à l’Anses de revoir sa position et de permettre le maintien de solutions cupriques disponibles, dans des conditions compatibles avec la réalité du terrain.

Dans une session marquée par un contexte économique morose, Maxime Buizard a voulu poser un message clair : la région ne manque pas d’ambitions agricoles, mais celles-ci resteront théoriques si les exploitations n’ont plus les moyens économiques, techniques et réglementaires de produire.

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