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Des glyphotests plus que rassurants

Une vingtaine de personnes, dont la presse, étaient présentes le 13 mars dernier pour connaître les résultats des 22 agriculteurs « pisseurs volontaires » du Loiret.

© Doriane Mantez

À l'instar d'autres régions, des agriculteurs de la FNSEA du Loiret se sont soumis aux glyphotests pour répondre à la question « sommes nous réellement exposés au glyphosate jusque dans notre organisme ? ».

Ainsi, vingt-deux Loirétains pisseurs volontaires*, issus de productions diverses, de secteurs variés et de tout âge, se sont réunis pour faire analyser leurs urines et identifier ou non la présence de glyphosate dans leur organisme.

« Les agriculteurs ont été touchés par ces attaques et se sont interrogés sur la véracité des propos tenus par les anti-pesticides. Il était donc important que l'on participe à ce test et que l'on montre que même en étant utilisateur, nous n'avons pas de glyphosate dans nos urines », a souligné le président du syndicat, Patrick Langlois, avant de rappeler que chacun a financé ses propres analyses.

Alexandre Nioche, président de la commission environnement FNSEA 45, a profité de la réunion de restitution des résultats, le 13 mars à Tigy, pour insister auprès de la presse sur le fait que « le glyphosate est employé dans des situations extrêmement variées : pour la gestion des couverts végétaux entre deux cultures, des prairies temporaires, des adventices en cultures pérennes, ou encore pour l'élimination des repousses avant semis. Mais en aucun cas utilisé directement sur une culture destinée à la consommation, implantée ou semée ».

Face aux nombreuses attaques sur ce sujet qui est aujourd'hui sociétal, les agriculteurs, exposés au glyphosate et sensibles à ces accusations, se sont aussi posé des questions, notamment sur la pertinence des tests employés par ces collectifs.

« Les pisseurs volontaires en ont eu dans leurs urines, alors on s'est dit pourquoi pas nous ?, se souvient Fabrice Roger, pisseur volontaire et hôte de cette réunion. Nous sommes les premiers exposés à ce produit. C'était donc intéressant de voir si on était plus touchés par ce qu'on produit que nos concitoyens ».

Parmi les vingt-deux agriculteurs pisseurs, tous ont fait le test chromatographique et trois ont doublé avec le test Elisa, le tout sous contrôle d'huissier.

« Il est intéressant de faire des tests avec une autre technique que celle utilisée par les anti-glyphosate, mais aussi le double-test par souci de transparence, affirme Alexandre Nioche. Les tests des détracteurs ont donné des chiffres très hauts, qui sont médiatiquement intéressants, mais qui médicalement parlant ne valent rien ! ».

En plus d'être simple et peu coûteux, ce test Elisa est initialement conçu pour des tests rapides dans l'eau, une matrice beaucoup moins complexe que l'urine.

À l'inverse, la chromatographie associée à la spectrométrie de masse est considérée par de nombreux scientifiques comme plus rodée et plus fiable car, dans le cas de dosages dans des milieux complexes, elle permet de « séparer, identifier et quantifier les composés à ­analyser ».

À la suite des résultats qui se sont montrés rassurants, avec des taux de glyphosate « jugés inoffensifs » par les experts consultés, la FNSEA 45 a comparé les deux méthodes sur les mêmes individus, et les résultats sont tout de même très différents : les concentrations détectées par

Elisa sont toujours plus élevées que par chromatographie, avec un facteur de variation qui change d'un individu à l'autre. Elisa donne aussi des résultats différents selon le laboratoire français ou allemand. Cela interroge sur la fiabilité du test.

Dans tous les cas, les chiffres restent néanmoins très inférieurs à la valeur toxicologique de référence sur l'eau de boisson (900 ng/ml). On peut dire que le glyphosate n'est présent qu'à l'état de traces, ce qui est rassurant.

*22 agriculteurs dont 77 % en grandes cultures, 10 % en élevage et 14 % retraités

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