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Moisson
Des moissons d’automne bien ternes en Loir-et-Cher

Les moissons d’automne loir-et-chériennes sont encore en cours pour certains agriculteurs, ou viennent tout juste de se terminer pour d’autres. Tous s’accordent à dire qu’elles ne sont pas de grande qualité.

Julien Verrier, céréalier à Chissay-en-Touraine a vécu des moissons mitigées, en dessous de ses espérances de rendements comme de nombreux agriculteurs loir-et-chériens.
Julien Verrier, céréalier à Chissay-en-Touraine a vécu des moissons mitigées, en dessous de ses espérances de rendements comme de nombreux agriculteurs loir-et-chériens.
© Julien Verrier

L’automne rime d’ordinaire avec des paysages colorés. Mais pour les agriculteurs du Loir-et-Cher, la saison s’annonce surtout terne, marquée par des moissons aux rendements souvent décevants. C’est surtout au sud du département que les résultats sont les plus faibles cette année.

Faibles rendements

Pour Julien Verrier, céréalier à Chissay-en-Touraine sur le secteur de Montrichard, les moissons automnales s’annoncent mitigées. « Sur mes tournesols non irrigués, je devrais être aux alentours d’une moyenne de 20 quintaux à l’hectare, ce qui n’est pas bon du tout », regrette-t-il. Un agriculteur venu lui prêter main-forte, jeudi 16 octobre, fait le même constat : « Ce sont des rendements catastrophiques ! Je suis à 40 quintaux par hectare en maïs et jusqu’à 15 quintaux à certains endroits sur mes tournesols », déplore le jeune exploitant, avant d’ajouter : « C’est ma première récolte, une deuxième comme ça et je pourrais déjà mettre la clé sous la porte. » Du côté de Julien Verrier, le millet constitue sans doute le seul lot de consolation, avec des rendements jugés corrects, oscillants entre 25 et 40 quintaux, pour une moyenne proche de 35 quintaux à l’hectare. Les deux agriculteurs observent que les semis précoces ont davantage souffert que les semis tardifs. « On a manqué d’eau sur notre secteur, c’est ce qui nous a plombés », constatent-ils.

Des surfaces considérables en 2025

Ces résultats mitigés des moissons d’automne 2025 tombent mal, d’autant que de nombreux agriculteurs ont dû augmenter leurs surfaces de culture de printemps en raison de semis compliqués à l’automne 2024. « Je n’ai pas réussi à semer à l’automne 2024 et j’ai reporté une grande partie de mes surfaces sur les cultures de printemps. Normalement, je suis autour de 35 à 40 hectares, alors que cette année, j’ai été obligé d’en semer 140 hectares », explique François Germain, céréalier à Seur et secrétaire général de la FNSEA 41. Alors qu’il est encore en pleine moisson, il confie déjà : « C’est très faible. Les rendements ne sont pas bons et les prix ne sont pas terribles. »

Des prix au plus bas

Si au sud de la Loire les rendements ne sont pas exceptionnels en cultures non irriguées, le nord du département n’est pas épargné. François-Xavier Rone, céréalier à Villeromain, enregistre lui aussi de faibles rendements sur ses maïs non irrigués, atteignant seulement 40 quintaux à l’hectare. « Globalement, nos cultures de printemps n’ont pas été exceptionnelles, mais elles ont été encore plus mauvaises sans irrigation », assure-t-il. Avant de déplorer des prix bien trop bas : « Mes rendements de maïs irrigués sont tout juste dans la moyenne, mais avec les prix actuels qui varient entre 170 et 180 euros la tonne, cela va tout juste permettre de payer les charges. En plus, j’ai subi des pertes au moment des semis à cause des dégâts de corbeaux », regrette l’exploitant.

Malgré ces moissons automnales décevantes, les agriculteurs ne baissent pas les bras. Certains sont déjà de retour dans leurs parcelles pour préparer la suite, à l’image de François-Xavier Rone : « J’en profite, car le temps est bon. Il faut se dépêcher pour avoir de bons semis. »

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