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Des moissons hétérogènes en Loir-et-Cher

La chambre d’Agriculture de Loir-et-Cher a dévoilé les premiers résultats des moissons 2023, mardi 25 juillet à Blois.

Ce que tout le monde retiendra des moissons de cette campagne 2023 est certainement son hétérogénéité. Arnaud Bessé, président de la chambre d’Agriculture de Loir-et-Cher, a dressé un premier bilan des moissons 2023, mardi 25 juillet à Blois. « Ce qui nous marque tous pour cette campagne, c’est vraiment l’hétérogénéité des rendements », a-t-il annoncé.

Une année 2023 épargnée par les aléas

Le département a d’abord eu la chance d’être épargné par les aléas climatiques. Ni la grêle, ni même la canicule et encore moins les tempêtes n’ont causé de dégâts dans les parcelles de Loir-et-Cher. « Le climat a été favorable jusqu’à mi-mai avec une bonne implantation en automne. Malheureusement, de mi-mai et jusqu’en juin, nous avons eu plus de vingt jours à plus de 25 °C, ce qui a engendré une perte de rendement », a expliqué Arnaud Bessé. Cette année, comme l’année précédente, les récoltes ont une nouvelle fois été précoces avec un début des moissons dès le 16 juin. « Nous allons peut-être devoir nous habituer à des moissons précoces », a affirmé le président de la Chambre.

Des rendements hétérogènes

Les moissons des orges ont été plutôt bonnes avec des rendements moyens de 82 quintaux par hectare. « C’est une très belle surprise cette année de voir des rendements de corrects à très bons pour les orges avec d’autant plus une bonne qualité », s’est enthousiasmé Arnaud Bessé.

C’est ensuite que le bât blesse. Les rendements pour le colza sont de 31 quintaux à l’hectare contre 38 l’an dernier, ce qui est une déception pour les agriculteurs du département. « Ces rendements en colza peuvent s’expliquer par des températures basses ainsi que des floraisons durant des moments pluvieux », a notamment expliqué le président de la Chambre.

Concernant le blé dur, les rendements sont hétérogènes en fonction de la date de récolte mais sont en moyenne aux alentours de 62 quintaux par hectare.

Concernant le blé tendre, les mots d’Arnaud Bessé sont clairs : « Ce sont des rendements qui n’ont rien d’exceptionnels ». Avec 70 quintaux par hectare en moyenne, les céréaliers de Loir-et-Cher s’attendaient à mieux.

Une forte instabilité des prix

Au-delà de ces résultats, ce qui inquiète davantage c’est la pression géopolitique du moment avec une situation en Ukraine qui influe sur les cours du prix du blé. « Avec la hausse des prix des intrants, nous attendions tous une bonne récolte. Les prix sont en baisse pour le blé et pour ceux qui vont avoir eu de faibles rendements, cela va être très compliqué pour les trésoreries avec les prix du moment », a souligné Arnaud Bessé.

Avec une situation économique et géopolitique pour le moment instable, les agriculteurs se posent des questions sur leur revenu pour la campagne de 2023. Arnaud Bessé espère « retrouver des bons prix de vente, mais ce n’est pas forcément garanti ».


Témoignage François-Xavier Rone

« Il est impératif que les prix augmentent pour ne pas engendrer des problèmes de trésorerie pour les exploitations agricoles »

 

François-Xavier Rone, président de la FNSEA 41 et du Groupement de développement agricole de Selommes, commente les premiers résultats de la moisson 2023.

 
« Les résultats des moissons de cette année sont plutôt hétérogènes d’une exploitation à l’autre. On remarque que pour les orges, les rendements sont très bons cette année. Les rendements sont également corrects pour les blés ainsi que le colza. Toutefois, les cultures de pois de printemps, ainsi que d’hiver ont été touchés par les maladies, ce qui a causé des rendements moyens voire même mauvais. Malgré une campagne 2023 correcte en termes de rendement dans son ensemble, c’est au niveau des prix que tout va se jouer. Au vu de la hausse des charges sur la main-d’œuvre, les engrais, les approvisionnements ou encore la mécanisation, il est impératif que les prix augmentent pour ne pas engendrer des problèmes de trésorerie pour les exploitations agricoles. »
 

Lire également notre article Des rendements corrects pour Baptiste Mallangeau

 
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