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Désormais, les altises se repèrent au stade des larves

Les premières larves issues des pontes d’octobre se repèrent dans les pétioles.

Avant toute intervention à la parcelle, la recherche de galeries et de larves est incontournable (photo : Terres inovia).

Après une période difficile entre le 25 septembre et la mi-octobre, le colza est aujourd’hui tiré d’affaire vis-à-vis des attaques d’altises adultes.

Désormais, il est temps d’envisager une surveillance vis-à-vis des larves d’altises issues des accouplements d’adultes du début d’automne. Nul ne sait prédire le niveau d’infestation larvaire pour cet hiver. L’observation à la parcelle est le maître mot.

Les premières larves visibles en novembre sont souvent les plus nuisibles. Les œufs déposés sur le sol en octobre éclosent aux pieds des colzas et génèrent des premières larves dès début novembre.

Au début de leur vie, les larves sont mobiles et gagnent la face supérieure des pétioles des feuilles. Elles poursuivent leur développement pendant l’hiver en minant et se réfugiant dans les pétioles des feuilles. Les larves peuvent migrer jusqu’au cœur de la plante ou dans la tige au début de sa formation.

Dans ce cas, la croissance au printemps est perturbée et le bourgeon terminal peut être détruit. La nuisibilité réelle ne s’exerce que dans ce cas et donc pas avant février/mars. Elle est liée à l’intensité des attaques au cœur des plantes et à l’aptitude du colza à compenser par ses ramifications secondaires.

En 2016, en l’absence de vigilance, les parcelles les plus sévèrement touchées ont rarement dépassé 25 q/ha (plaines de Versailles, vallée de Seine, Vexin notamment).

Il existe deux méthodes pour diagnostiquer la présence des larves. Les trous d’entrée dans les pétioles, les galeries creusées dans les pétioles et les jeunes larves sont difficiles à observer à l’œil nu en tout début d’infestation. Il est préférable d’attendre au moins la mi-novembre pour mettre en œuvre l’une des deux méthodes de diagnostic.

• Méthode 1 : évaluez le % de plantes porteuses de larves par le biais d’observations directes au champ en examinant et disséquant les pétioles (prélever une vingtaine de plantes) ;

• Méthode 2 : prélevez 20 à 30 plantes puis, dans un local à T° supérieure à 18°C, disposez les plantes sur un kit « Berlese » (Support- Entonnoir + grillage + récipient avec eau) ou autre système similaire (cuvette jaune avec eau + grillage). Après dessèchement pendant 10-15 jours, évaluez le nombre de larves/plante tombées dans le récipient.

Renouvelez l’observation 3 à 4 semaines après le premier examen, notamment si l’hiver se révèle doux comme en 2015-16 et si les captures d’altises adultes se sont prolongées tout au long de l’automne (souvent le cas cette année). Identifiez les situations à risque de dégâts.

En présence de larves d’altises actives pendant l’hiver, la menace pèse surtout sur les petits colzas (faible biomasse produite à l’automne, petit pivot), les colzas en manque d’azote ou affectés par tout autre facteur limitant.

Un hiver doux - comme en 2016 - est un facteur aggravant car il tend à accroître le rythme de développement et le degré de nuisibilité des larves.

Attention, la pression larvaire n’est absolument pas liée à celle des adultes. Les gros colzas ou ceux n’ayant pas été attaqués en début de campagne par les altises adultes ne sont pas systématiquement exemptés d’attaques larvaires.

À l’inverse, les colzas ayant beaucoup souffert de morsures en début de cycle ne seront pas forcément concernés par les larves. 

Pour éviter tout traitement inutile, l’examen de présence de larves à la parcelle est incontournable. L’intervention est recommandée à partir du seuil indicatif de 70 % de plantes porteuses de larves (méthode 1 au champ) ou de 3 larves en moyenne par plante (méthode 2 Berlese).

Traitez alors de préférence avec une association de matières actives pyréthrinoïde + organo-phosphoré pour limiter les phénomènes de résistance aux pyréthrinoïdes. Appliquez si possible, en conditions favorables à l’activité des larves et à leur déplacement (T° moy supérieure à 7°C). Les insecticides ne sont efficaces que sur des jeunes larves au moment où elles se déplacent de pétioles à pétioles ou de plantes à plantes, c’est-à-dire sur la période novembre-décembre.

Les applications « en pompier » de sortie hiver n’atteignent pas les larves plus âgées qui séjournent dans les pétioles depuis longtemps. Elles sont donc rarement justifiées.

Jean Lieven

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