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[Dossier "drives"] De la production à la vente : l’épopée d’un fromage au lait cru !

De la ferme du Croc du Merle et ses Prim’holstein jusqu’à la commercialisation au drive fermier de Loir-et-Cher, le Baladodrive, suivez le parcours d’un fromage au lait cru.

Allez, c’est parti ! Je quitte la mamelle de ma Prim’holstein du domaine du Croc du Merle à Muides-sur-Loire (Loir-et-Cher) en passant par le pis !

Bon an, mal an, j’emprunte les tuyaux du robot de traite et hop, me voilà au bac de caillage.

Là, bien chaud à 37°C, j’attends un peu et, tranquillement, je commence à coaguler grâce à l’action de la présure et des ferments lactiques. Mmmm, c’est un doux moment bien calme... 

Mais dès le lendemain, les choses sérieuses recommencent : l’agricultrice Anne-Marie Hahusseau me met dans des moules et, le surlendemain, la voici qui me retourne afin que je m’égoutte.

Composé d’1,2 litre de lait — et après avoir été salé, affiné ou simplement aromatisé (ail et fines herbes, poivre…) : une véritable opération de parfumerie ! —, je suis enfin devenu un fromage, bien moulé, prêt pour la vente.

Le mercredi, Anne-Marie regarde les commandes sur le site Internet du Baladodrive, un drive fermier créé il y a trois ans par la chambre d’Agriculture et celle de Métiers et de l’Artisanat de Loir-et-Cher.

Ca y est : je vais être adopté ! Le jeudi, l’agricultrice m’habille donc pour le client : tout emballé et étiqueté dans mon habit de papier blanc, je prends place dans la glacière avec d’autres produits (fromages de vache frais, demi-sec ou sec, lait et crème crus, faisselle, yaourts) pour être livré le vendredi à Blois.

Sur la route, je trépigne d’impatience et m’imagine déjà ma nouvelle demeure...

Arrivé au point de retrait du Baladodrive du chef-lieu de Loir-et-Cher, je reste bien au frais en attendant d’être remis, dans l’après-midi, dans les mains d’un des clients de ce drive fermier qui comptabilise environ quatre-vingts commandes par semaine.

Parfois, Anne-Marie est de permanence au point de retrait de Blois : elle vérifie que chaque commande est complète, appelle ses collègues si ce n’est pas le cas, et remet leur colis aux clients — qui viennent avec sacs et glacières pour les plus habitués — en leur faisant signer un bon de réception.

C’est toute une logistique, ce drive fermier et surtout, une belle collaboration — et de la solidarité — entre agriculteurs et artisans au sein de l’association Agri-arti 41.

Pour ma part, ça y est : je vole vers d’autres horizons.

Choyé par de nouvelles mains, très attendu par d’avisés palais, je suis pour finir placé au centre d’un plateau entouré d’autres fromages... bien moins beaux que moi et que je ne connais pas… Peu importe : la star du plateau de fromages, c’est bien moi !

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