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Du chanvre dont ont fait des murs avec le Cerib

L’ingénieure Suzanne le Thierry travaille au Cerib à Épernon (Eure-et-Loir) sur l’intégration de matériaux bio-sourcés, comme le chanvre, dans le béton. Rencontre.

Le 13 juillet, à Épernon. L’introduction de fibres végétales comme le chanvre dans des blocs de béton est l’objet des recherches de l’ingénieure Suzanne Le Thierry au Cerib.

Au Centre d’études et de recherches de l’industrie du béton (Cerib) à Épernon, l’ingénieure matériaux Suzanne Le Thierry planche sur l’introduction de matériaux bio-sourcés dans le béton.

« C’est une tendance actuelle. Du coup il y a de plus en plus de travail sur l’incorporation de matières végétales dans le béton », relève-t-elle. « L’enjeu est l’obtention de label, l’utilisation de matériaux renouvelables, les critères d’absorption du CO2, l’impact sur l’environnement ».

Parmi ces matériaux, le chanvre est l’objet actuel de recherches de la part de l’ingénieure.

Si depuis quelques années, il est couramment utilisé dans le bâtiment mélangé avec de la chaux pour ses propriétés isolantes sous forme d’enduit ou de blocs pleins, ceux-ci ne sont pas résistants.

Les études qu’elle mène actuellement, particulièrement pour l’entreprise de Saint-Georges-sur-Eure, Rasori, visent le développement de blocs de bétons porteurs pour petits bâtiments, les Agroblocs.

« Nous cherchons à obtenir quelque chose de compact pour avoir une certaine résistance mécanique. Ces recherches sur la formulation de ce béton arrivent à leur terme et nous obtenons à peu près ce que nous voulons. Il fallait aussi que la fabrication de ces blocs puisse être industrialisée », explique Suzanne Le Thierry.

L’objectif était également de travailler avec une ressource locale : « le béton nécessite une bonne qualité du chanvre et une constance de ses propriétés ».

« Pour l’instant nous nous focalisons sur le chanvre pour ne pas trop nous disperser. De fait, il est assez difficile à travailler car il absorbe beaucoup d’eau. Et comme il se déforme plus qu’il ne casse, c’est plus compliqué de caractériser sa résistance, nous devons adapter nos méthodes d’essais », explique l’ingénieure.

Et de poursuivre : « Par ailleurs, les normes actuelles ne prennent pas en compte les matériaux bios-sourcés, l’avis du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) va peut-être prendre un peu de temps... S’il y a un intérêt, nous ferons des études sur d’autres matériaux. Par exemple, le lin a des fibres très solides qui pourraient remplacer le polypropylène dans certains bétons ».

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