Aller au contenu principal

Earl Le Bois racine : Olivier Schintgen à la manœuvre

Olivier Schintgen, polyculteur installé à Vert-le-Grand (Essonne), a moissonné ses parcelles de lentilles le 29 juillet dernier avec quelques jours d’avance sur son calendrier. Rencontre.

Petit-fils d’agriculteur, Olivier Schintgen, 42 ans, est à la tête d’une belle exploitation de 219 hectares à Vert-le-Grand (Essonne) qu’il entend bien transmettre d’ici quelques années à ses deux enfants, Tanguy et Charlotte, étudiants en agriculture. Sur ses différents îlots éparpillés, il cultive blé, orge, betterave sucrière, pois fourragers, mais aussi pommes de terre et légumineuses. 

« Je suis installé depuis 2002, précise-t-il en introduction. J’ai récupéré quelques terres familiales pour m’installer après des études agricoles. J’ai toujours cherché à me diversifier. C’est le seul moyen de trouver de la valeur ajoutée pour vivre correctement de l’agriculture. Ça m’a permis de rééquilibrer certaines productions qui n’étaient plus aussi intéressantes. J’ai par exemple diminué ma surface de betteraves depuis deux ans. Et avec les pucerons qui nous ont attaqués cette année, j’ai bien fait. Pour me diversifier, j’observe ici et là ce qui se pratique, je tente — dans la mesure du possible —, et je pars du principe que toutes les initiatives sont bonnes à prendre ».

« J’opère actuellement un virage vers le bio. Je suis en deuxième année de conversion sur une surface de 62 ha sur laquelle j’ai semé des lentilles, du titricale, des féveroles et bientôt de la luzerne. Je cultive des lentilles depuis 2014, ça fonctionne de mieux en mieux et c’est une culture qui se prête bien au bio. J’ai choisi la variété Anicia cultivée pour l’AOC Lentille verte du Puy. Elle est riche en protéines et recommandée dans le cadre d’une alimentation saine et diversifiée », précise Olivier Schintgen.

Cette année encore, sa culture de lentille s’est bien déroulée car cette légumineuse aime les sols secs.

« C’est une culture très intéressante en tête de rotation, qui va me permettre ensuite de mettre du triticale sans avoir à rajouter d’azote », souligne l’agriculteur. Sur le conseil du conseiller technique bio de la chambre d’Agriculture, il a pour la première fois associé de la caméline à son semis de lentilles. 

« C’est une crucifère qui tapisse le sol, empêche un certain nombre d’adventices de se développer, à condition de bien la doser, et a un effet fongique sur la lentille. Elle a aussi le mérite de servir de tuteur aux plants de lentilles, et la récolte s’en trouve ainsi facilitée. Les graines de caméline sont très petites, précise Olivier Schintgen, mais elles sont très riches en acide linoléique. C’est pourquoi j’envisage de les presser ou de les vendre en vrac dans un avenir proche. L’huile de caméline est utilisée en cosmétique, en vernis et peinture. Cette année, j’ai enregistré un rendement de 700 kg de lentilles par hectare ».

Il poursuit : « Une fois récoltées, je les fais trier par un agriculteur d’Eure-et-Loir, puis les conditionne moi-même. Je vends cette production en direct sur des marchés, auprès de cantines scolaires et de quelques enseignes. Avec les lentilles, je fais aussi de la farine qui, en association ou pas avec une farine classique, est utilisée dans la fabrication de gâteaux, sucrés comme salés. Elle est intéressante car elle ne contient pas de gluten ».

« Depuis quelque temps, je me suis mis à l’élevage, raconte Olivier Schintgen. Soyons modeste, je n’ai que quelques moutons que je fais découper et vends en caissettes. Et il faut être clair, tient-il à souligner en conclusion, si je cherche à me diversifier, c’est aussi parce que mes enfants s’investissent déjà largement sur l’exploitation en apportant des idées et des techniques nouvelles ». À suivre.

Laurence Augereau

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Horizons

Les plus lus

Annie Genevard, ministre de l'Agriculture s'est rendue en Loir-et-Cher, vendredi 10 avril pour écouter le monde agricole loir-et-chérien et apporter ses solutions en présence de Joseph Zimet, préfet de Loir-et-Cher.
Annie Genevard en Loir-et-Cher pour écouter le monde agricole et apporter ses solutions
Annie Genevard était en Loir-et-Cher, vendredi 10 avril. Elle a rencontré les représentants de l’AOP Selles-sur-Cher au sein…
Frédéric Morand, vigneron à Vineuil, a dû faire face à des nuits stressantes ces dernières semaines en raison du gel.
Les épisodes de gel se succèdent en Loir-et-Cher depuis mi-mars
Les vignes de Loir-et-Cher n’ont pas été épargnées par le gel depuis la mi-mars. Les tours antigel ont fonctionné plusieurs nuits…
Le 10 avril, à Chartres. Jean-Paul Moktar (au c.) a présidé la 100e assemblée générale de la fédération départementale des Chasseurs d'Eure-et-Loir.
La Fédération départementale des chasseurs d'Eure-et-Loir fête ses 100 ans
La Fédération départementale des chasseurs d'Eure-et-Loir a célébré ses 100 ans lors de son assemblée générale annuelle le…
Vendredi 24 avril, à Chambord. Hubert-Louis Vuitton, président de la FDC 41, a présidé l'assemblée générale du centième anniversaire.
La Fédération de chasse de Loir-et-Cher fête son centenaire à Chambord
La Fédération départementale des chasseurs de Loir-et-Cher (FDC 41) a fêté ses 100 ans au sein du château de Chambord vendredi 24…
Vulaines-lès-Provins, vendredi 17 avril. Brice De Bisschop termine la visite de son exploitation par les serres, une diversification datant de 2022.
Valérie Pécresse en visite dans des exploitations agricoles seine-et-marnaises
La présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse, a effectué trois visites dans des exploitations agricoles vendredi 17…
La récolte des asperges se fait entièrement à la main, avec l’appui d’une machine qui soulève la bâche et limite le port des caisses.

Les asperges de Jeanne lancent leur saison
À Traînou, la campagne 2026 des asperges a démarré dans des conditions jugées « normales ». Sur deux hectares, cette exploitation…
Publicité