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Électricité et gaz de ferme au menu des Universités du soir

La 23e édition des Universités du soir de la chambre d’Agriculture, le 25 novembre à Chartres, a été consacrée aux énergies renouvelables.

En sus des productions animales ou végétales, l’agriculture s’oriente de plus en plus vers la fourniture d’énergies renouvelables. Si les panneaux photovoltaïques recouvrent de très nombreux bâtiments agricoles depuis une bonne dizaine d’années, aujourd’hui, c’est la méthanisation qui a le vent en poupe.

Ce sont ces deux procédés de production d’énergie qui ont été retenus le 25 novembre, comme thèmes de la 23e édition des Universités du soir organisée par la chambre d’Agriculture à Chartres.

Cette soirée a été articulée autour de trois interventions.

La première a permis à Christophe Beaujouan, de la chambre d’Agriculture du Loir-et-Cher, de dresser un panorama de l’énergie en France et de la place qu’y occupe l’agriculture. Selon lui, la consommation finale d’énergie en France est de 155 mégatonnes d’équivalent pétrole (Mtep) par an, soit environ 1 800 000 000 000 de kwh, dont 4 Mtep par l’agriculture.

Cependant, si l’agriculture consomme environ 3 % de l’énergie, elle émet 26 % des gaz à effet de serre, d’où le défi de taille de diviser par deux ces émissions d’ici 2050. Pour sa part, la production hexagonale d’énergie renouvelable est de 26 Mtep.

Dans ce domaine, le potentiel de l’agriculture passe par la production de biomasse et le stockage de carbone.

Une biomasse, idéalement issue de Cive, qui se transforme aisément en biogaz — en quatre-vingt dix jours — grâce à un méthaniseur. Ainsi, une tonne de biomasse donne 100 m3 de biométhane, équivalent à cent litres de fuel. C’est ce processus qu’a expliqué Aris Siewe, en charge des projets de méthanisation avec injection pour GRDF dans la région.

De fait, le biométhane ayant les mêmes caractéristiques que le gaz naturel, il peut être injecté directement dans le réseau. En 2019 en France, 107 sites injectent du gaz de cette manière et sont en grande majorité (60 %) agricoles. Il y en a une trentaine sur le réseau grand ouest de GRDF (Bretagne, Pays de Loire, Centre-Val de Loire).

Pour Aris Siewe : « 80 % du gisement méthanisable est agricole. La région a un fort potentiel et l’Eure-et-Loir est le département ayant le plus gros gisement identifié, vingt-cinq projets sont lancés (quatre-vingt dix en région). Tous les ans le nombre de projets est multiplié par deux. La région a mis un peu de temps à démarrer mais maintenant c’est l’engouement ».

Ceci est dû à des évolutions réglementaires, en particulier un décret de la loi Egalim publié en juin 2019 qui met en place le droit à l’injection.

« Avant, des projets se regardaient en chien de faïence car le premier qui se lançait devait financer le coût du raccordement. Aujourd’hui, cette somme est partagée équitablement entre les projets identifiés même s’ils ne sont pas sur le même pas de temps », a précisé Aris Siewe. Il n’y a plus qu’à se lancer...

Si les tarifs de rachat de l’électricité produite par des panneaux photovoltaïques ne sont plus ce qu’ils étaient il y dix ans, aujourd’hui ce type de projet reste rentable. C’est ce qu’a expliqué le directeur territorial d’Enedis (ex-ERDF), Lionel Masson, dans son intervention.

Néanmoins selon lui : « comme les investissements sont importants, il faut vraiment bien penser son projet et se rapprocher de personnes averties sur le sujet ».

Il conseille également, une fois le projet défini et le dossier administratif constitué, de faire une demande préalable de raccordement pour obtenir une proposition de raccordement qui inclut la solution technique et le coût de l’opération, c’est gratuit. Il est également possible de faire une demande anticipée surtout si le risque est fort d’avoir un coût de raccordement élevé, cette solution est payante mais défalquée ensuite si le projet se concrétise.

Au sujet du rachat de l’électricité, Lionel Masson a précisé qu’EDF était toujours obligé de la racheter. L’entreprise signe généralement des contrats sur vingt ans.

À son échéance, soit l’électricité produite est auto-consommée, soit elle peut être vendue à un autre opérateur. Il a précisé enfin qu’on constatait généralement une rentabilité des installations photovoltaïques au bout de dix à douze ans.

En clôture de la soirée, le président de la Chambre, Éric Thirouin, a souligné : « les délais sont très longs. Il ne faut pas faire n’importe quoi, les enjeux sont énormes, il faut se faire épauler, rencontrer des collègues et si c’est bien calculé, ça peut être intéressant. J’espère que l’on sera nombreux à récupérer de la plus-value sur nos fermes ».

Hervé Colin

Pour aller plus loin
La production de biométhane est rentable à condition de produire de la biomasse. De fait, une fois lancé, il faut impérativement alimenter le méthaniseur. Pour une première approche il existe un site Internet : esti-metha.grdf.fr, qui permet d’estimer son potentiel méthanisable et le chiffre d’affaires qui en découle. Pour aller plus loin, se rapprocher de la chambre d’Agriculture pour une étude plus pointue. Pour la production photovoltaïque, Enedis propose une série de sites Internet pour avoir des informations sur le raccordement voire pour estimer sa production.

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