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Essonne : déplacement de Valérie Pécresse à la rencontre du monde agricole

La présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse, a effectué trois visites en terres agricoles essonniennes, samedi 6 juin, afin de soutenir les territoires ruraux franciliens.

Dans le cadre d'un déplacement en Essonne pour « soutenir les territoires ruraux franciliens et mettre en lumière les initiatives qui les font vivre », Valérie Pécresse s'est rendue à la rencontre du monde agricole. « Il y a beaucoup de projets intrafamiliaux de diversification à la ferme avec la marque Produits en Île-de-France qui a atteint 12 000 produits et 700 fermes partenaires. Cela permet de développer de la valeur ajoutée à la ferme. Les aides de la Région sont bien utiles », retient-elle.

La visite de la présidente de la Région Île-de-France englobait patrimoine restauré, agriculture innovante, énergies renouvelables et équipements de proximité, « autant de projets qui témoignent du dynamisme du sud de l'Essonne et de la capacité de ses acteurs, en particulier le Parc naturel régional du Gâtinais français, à relever les défis de demain avec notre soutien », souligne la Région Île-de-France.

Blés anciens

Dans un premier temps, Valérie Pécresse s'est rendue à la Ferme de Montaquoy, à Soisy-sur-École, une exploitation agroforestière pratiquant une agriculture de conservation des sols. L'occasion pour les agriculteurs d'expliquer quelques spécificités à la présidente de Région. « L'absence de labour n'est possible que par l'utilisation de la chimie. Chaque exploitation a ses cultures, son sol, donc il faut adapter ses pratiques, tester des techniques grandeur nature », témoigne Damien Greffin, président de la chambre d'Agriculture. « C'est un sujet technique, mais il y a surtout une question de résilience des exploitations », raconte Jérôme Régnault, agriculteur dans les Yvelines et président de la commission agriculture à la Région.

Valentine Franc, qui a repris la Ferme de Montaquoy en 2001 après le décès de sa mère, a fait le choix de cultiver des blés anciens qui sont transformés dans trois moulins en farine. L'exploitation produit environ une tonne de farine de blé ancien par mois, l'équivalent de 7 000 à 8 000 baguettes, surtout vendue à des boulangers et des restaurants de la région. « Les gens font attention à ce qu'ils mangent, et sont contents de connaître les producteurs », croit-elle. « La problématique est de pouvoir vivre de l'agriculture. Une transformation permet d'optimiser les revenus », estime celle qui veut également représenter les femmes dans l'agriculture. « Quand j'ai commencé il y a vingt ans, ce n'était pas le sujet, mais cela le devient », raconte Valentine Franc.

Bio

Dans un second temps, c'est à la Ferme de Varennes, à Videlles, une exploitation impliquée dans l’agriculture biologique, que Valérie Pécresse a rencontré Christophe Chambon, exploitant agricole. La ferme est convertie en bio depuis 2017, autant pour la partie céréales que pour celle des poules pondeuses. « Je ne regrette pas de m'être lancé grâce aux aides de la Région », affirme-t-il. Une boutique à la ferme a été créée en 2020 et ne cesse de voir la clientèle croître. « J'ai l'impression que l'aide Bio + a permis à la filière de retrouver des couleurs », juge la présidente de Région.

« Nous sommes deux agriculteurs bio dans la commune, ça permet de dialoguer avec les habitants, y compris ceux qui sont pro-bio ou ­écolos et leur expliquer qu'il y a aussi du bon dans l'agriculture conventionnelle », explique Christophe Chambon. L'agriculteur a également voulu montrer à Valérie Pécresse l'imbrication des deux modèles agricoles. « Nous ne pouvons pas faire de bio sans luzerne, que ce soit pour nourrir le sol en azote ou pour se passer de ­désherbant. Elle nous permet de faire du blé avec de bons rendements », détaille-t-il.

Sauf que, localement, la production de luzerne est dépendante d'une usine de déshydratation située près de Pithiviers, dans le Loiret. « Cette usine est liée aux sucreries. Avec la jaunisse sur les betteraves, il y a un risque de fermeture de la sucrerie d'Artenay (Loiret). Cela aurait des conséquences sur l'usine de déshydratation, donc sur la filière luzerne et sur l'ensemble du bio », précise Frédéric Arnoult, vice-président de la Chambre pour l'Essonne.

Méthanisation

Enfin, la visite s'est terminée à l’unité de méthanisation Gatigaz à Boutigny-sur-Essonne, Frédéric Arnoult étant l'un des quatre agriculteurs associés dans le projet. « Le méthaniseur est en fonction depuis 2022, mais le projet remonte à quatre ans plus tôt. Notre projet a fonctionné parce que nous avons mis tout de suite l'administration et les élus locaux (communes, département, PNR du Gâtinais français) autour de la table », retrace-t-il.

« Nous avons fait les bons choix avec la méthanisation. Quand nous avons aidé les agriculteurs à financer des méthaniseurs, nous ne savions pas que nos bus rouleraient au biogaz, que les intrants allaient prendre 30 % supplémentaires et que le digestat serait aussi utile. Nous avons fait des choix d'investissements dans nos fermes qui se sont révélés extrêmement rentables, que ce soit écologiquement, économiquement ou socialement. La valeur ajoutée dans les fermes fait vivre nos villages. Il faut continuer à aller de l'avant. Le PNR du Gâtinais français a été porteur de projet industriel agricole. Protéger l'environnement, ce n'est pas interdire les projets industriels agricoles et le PNR du Gâtinais français l'a compris », affirme Valérie Pécresse. Et d'ajouter : « Pourquoi pas l'agrivoltaïsme, des data centers en milieux ruraux ou des diversifications maraîchères sous serres ? Il y a également beaucoup d'intérêt sur le retour d'une filière ovine. Cela me plaît, c'est un esprit d'entreprise qui montre que le rural est vivant. Quand on aide les agriculteurs à investir, ils nous le rendent au centuple ». Pour la présidente de Région, l'enjeu est de permettre à l'Île-de-France de rester à 75 % agricole et forestière en 2040.

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