Méthanisation
Essonne : un nouveau maillon énergétique avec Méthagase
Inauguré vendredi 24 avril à Angerville (Essonne), porté par sept agriculteurs, le méthaniseur Méthagase produit du biométhane depuis 2023.
Inauguré vendredi 24 avril à Angerville (Essonne), porté par sept agriculteurs, le méthaniseur Méthagase produit du biométhane depuis 2023.
Les associés du méthaniseur Méthagase, implanté à Angerville (Essonne), ont officiellement inauguré leur unité de production vendredi 24 avril. Une étape symbolique pour ce projet collectif agricole, entré en service au printemps 2023, et qui s’inscrit désormais comme un maillon important de la transition énergétique du sud-Essonne.
Porté à l’origine par huit agriculteurs* — aujourd’hui sept, après le départ en retraite de l’un d’eux —, le projet a vu le jour en 2019 sous l’impulsion de Denis Rabier. « Le projet est né en 2019 avec une grande cohésion parmi nous tout au long des étapes », ont rappelé les associés. Une cohésion mise à l’épreuve par une succession de crises. « Nous avons affronté le Covid, puis les débuts du conflit en Ukraine qui ont ralenti notre projet et menacé son équilibre financier compte tenu de l’inflation qu'ils ont générée. » Malgré ces obstacles, les travaux ont pu démarrer en janvier 2022, pour une première production de biométhane à l’été 2023.
Une production énergétique locale
Aujourd’hui, le méthaniseur affiche une production de 200 mètres cubes normaux (Nm3) de biométhane par heure, soit l’équivalent de la consommation de 4 500 foyers de quatre personnes dans les communes environnantes. Pour l'alimenter, les agriculteurs mobilisent près de 16 000 tonnes de matières premières par an. Environ 500 hectares de Cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) — maïs, sorgho, pulpe de betteraves et orge — sont ainsi cultivés sur les exploitations. Le site consomme près de 45 tonnes de matières par jour, avec un temps de traitement d’environ 120 jours.
Le digestat, levier agronomique
Au-delà de la production de gaz, source de diversification économique, les exploitants mettent en avant les bénéfices agronomiques du digestat, le résidu issu du processus de méthanisation. « Le retour à la terre du digestat est un atout majeur pour nos exploitations. C’est un excellent engrais, riche en azote, potasse et phosphore », soulignent-ils. Un avantage d’autant plus stratégique dans un contexte de tension sur les engrais minéraux. « L’avantage, c’est que nous ressortons du méthaniseur autant de matière que ce qui est entré. » L’an dernier, environ 600 hectares ont ainsi été fertilisés, sous forme liquide ou solide.
Un territoire engagé dans la production d'énergie
À l’échelle territoriale, Méthagase s’inscrit dans une dynamique énergétique plus large. « Le sud-Essonne compte trois méthaniseurs et seize éoliennes. Nous consommons 921 GWh par an, dont 323 sont produits localement. Notre territoire produit donc 35 % de son énergie, ce qui est tout à fait remarquable », a souligné le président de la communauté d’agglomération de l'Étampois sud-Essonne, Johann Mittelhausser.
Le développement de la méthanisation bénéficie par ailleurs d’un soutien public affirmé. Méthagase a ainsi reçu des aides de l’Ademe et de la Région Île-de-France. « Plus de 36 millions d’euros ont été alloués à 54 projets de méthanisation ces dix dernières années », a rappelé Valérie Lacroute, vice-présidente de la Région chargée de l’agriculture.
Avec cette inauguration, le site de Méthagase entre pleinement dans le paysage énergétique local en produisant du gaz renouvelable tout en apportant une ressource utile aux exploitations agricoles.
*Antoine Benoist, Jean-Claude Coisnon, Frédéric Dupont, Bruno Dupuis, Éric Foucault, Alexandre Pelé, Victor Rabier, Thierry Guérin (et Denis Rabier, initiateur du projet).