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Agronomie
Expérimentation : des bandes fleuries qui se révèlent utiles

L'association Hommes et territoires et des chambres d'Agriculture ont mené une expérimentation autour des bandes fleuries chez une trentaine d'exploitants.

Depuis 2018, des expérimentations sur un aménagement bande fleurie sont menées en collaboration avec l’Inrae et de nombreux partenaires*. À l’issue d’une première phase d’essais en micro-placettes, l’Inrae a conçu en lien avec les partenaires du conseil et du développement agricole, un mélange de 42 espèces implanté en bandes dans un réseau d’une trentaine d’agriculteurs d’Eure-et-Loir, de l’Essonne et des Yvelines.

L’objectif est d’évaluer les effets des bandes fleuries implantées au sein de différents systèmes de culture sur les différents services rendus par la biodiversité.

Lien entre recherche et agriculteurs

En Eure-et-Loir, grâce à des moyens issus du Cap filière Grandes cultures, l'association Hommes et territoires et la chambre d’Agriculture ont assuré l'animation du groupe d'agriculteurs euréliens et mené les observations sur le terrain jusqu'en 2021. « Le but était de valoriser les résultats des nombreux chercheurs, techniciens travaillant sur le projet sur ces bandes fleuries auprès des agriculteurs du réseau, il s’agissait aussi de créer du lien et un dialogue, et de valoriser ces actions et les faire connaître au-delà du réseau », explique Chloé Swiderski, chargée de mission en agroécologie à l'association Hommes et territoires.

Différents dispositifs de suivis, prélèvements et analyses étaient en place dans les bandes fleuries ou sur les parcelles (parcelles avec bandes et parcelles témoin sans bandes) afin de suivre le comportement du couvert (implantation, floraison), la régulation des ravageurs du colza, du blé, des lentilles ou de la féverole (altises, méligèthes, charançons, bruches, pucerons), la fertilité du sol (structure, activité microbienne) ou encore la présence des vertébrés typiques des plaines céréalières (oiseaux, chauves-souris). « Nous avons aussi travaillé sur la thématique avec le lycée agricole de La ­Saussaye, dans le but de mettre en place un atelier de co-­conception avec les élèves afin qu'ils s'approprient la problématique. Mais le contexte sanitaire n’a pas permis d’aboutir sur cette partie du projet », pointe Solène Mure, agronome à la chambre d'Agriculture.

Floraison étendue

Le choix d'un mélange complexe et diversifié, constitué de familles différentes pour ces bandes fleuries, vise à répondre aux besoins spécifiques des auxiliaires de culture. De plus, le besoin d'une floraison la plus étendue possible dans le temps, dès la mi-mars jusqu'à l'automne, a guidé la recherche. « Cela constitue un relais de ressources sur toute la saison, intéressant dans un système de grandes cultures. Cette ressource de pollen et de nectar à proximité des parcelles est essentielle pour attirer les populations d’auxiliaires adultes dont les larves vont assurer la prédation des bioagresseurs et pouvoir maintenir les populations de ravageurs sous un certain seuil, précise Chloé Swiderski. Nous avons pu observer que le mélange était favorable aux hyménoptères parasitoïdes (qui pondent dans le corps des insectes ravageurs), preuve qu'il y a de la ressource pour les auxiliaires adultes et pour leurs larves ».

« Au-delà de son utilité agronomique, la bande fleurie a aussi un rôle sociétal et un effet positif sur le paysage. Nous avons posé des panneaux d'information sur les sites d'expérimentation afin ­d’expliquer l’intérêt de ces aménagements pour la biodiversité, valoriser les actions des agriculteurs et demander de ne pas cueillir les fleurs », argumente Solène Mure.

Cette année est la dernière consacrée pleinement à ce projet. Cependant, les bandes peuvent se maintenir durant cinq ans voire plus. Les perspectives sont de poursuivre le suivi des couverts en place, notamment pour renseigner la longévité des bandes et leur comportement de floraison. Les partenaires envisagent aussi d’évaluer un mélange plus opérationnel.

Un mélange simplifié

En effet, compte tenu du prix élevé du mélange expérimental, une version simplifiée, qui comprend néanmoins vingt-six espèces, a été constituée. Son prix reste contenu à 900 euros de l'hectare. Cela reste assez important mais il s'amortit sur cinq ans au moins et l'on n'en sème pas plusieurs hectares… Ces bandes fleuries peuvent être comptabilisées dans les zones non-­productives pour le calcul de la Pac.


*AgroParisTech, l’UMR Agronomie, UMR ESE, l’association Hommes et territoires, la fondation ­François-Sommer, l'Office français de la biodiversité, le laboratoire d'Éco-­entomologie d'Orléans, les chambres d'Agriculture de Centre-Val de Loire, d'Eure-et-Loir, de l'Indre et du Cher.

Réussir l'implantation

Obtenir une bande fleurie qui tient longtemps passe par une bonne implantation. Celle-ci peut se semer à l'automne ou au printemps, après destruction du couvert, dans un lit de semence fin et dans de bonnes conditions. Lors de ces essais, les bandes ont été implantées par temps très sec en novembre 2018, certaines ont dû être ressemées au printemps avec des conditions plus favorables. Si la pression vulpin ou ray-grass est forte, soit l'on fauche en bio, soit on passe un antigraminées. Pour l'entretien, un broyage à l'entrée ou à la sortie de l'hiver suffit. Il convient de ne pas y toucher entre mars et novembre.
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