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Diversification
Farines et pâtes De Montgazon à ton assiette

Après avoir converti à l’agriculture biologique une partie de leurs exploitations respectives, les seine-et-marnais Emeline et Charles Beronie se sont lancés dans la transformation des graines en farines et pâtes.

Emeline et Charles Beronie

Transformer leurs céréales en farines et en pâtes sont des étapes qu’ont franchies Emeline et Charles Beronie. Ils commercialisent leurs produits finis sous le nom De Montgazon à ton assiette, un clin d’œil à cette filière courte 100 % bio.

En effet, depuis 2016, ces producteurs convertissent progressivement leurs exploitations respectives – l’EARL Michaud Le petit-Jard à Vert-Saint-Denis pour elle et l’EARL de Montgazon à Courquetaine pour lui — en agriculture biologique.

« La découverte de nouvelles cultures introduites dans la rotation est très intéressante, nous réapprenons notre métier en étant plus à l’écoute de l’agronomie », souligne Charles Beronie. « En bio, nous avons peu de solutions de rattrapage en cas de mauvaises implantations, il ne faut donc pas se tromper, poursuit son épouse. Avec le bio et nos diversifications, nous avons trouvé une clientèle et nous envisageons de convertir l’ensemble des exploitations ».

Cette année, des lentilles vertes devraient également faire leur apparition dans leur assolement.

Moulin à farine sur meule de pierre.
Moulin à farine sur meule de pierre.

Meunier de formation, Charles Beronie décide alors d’acheter un moulin à meule de pierre pour transformer les céréales bio en farine. Ainsi, toutes les nouvelles cultures bio introduites dans les rotations (blé dur, seigle, épeautre, petit épeautre, sarrasin) sont essentiellement transformées en farine complète, plus riche en éléments nutritifs.

Aujourd’hui, 8 à 10 tonnes de farines sont produites par an, soit sept hectares, des chiffres appelés à progresser.

Dans la foulée, Emeline décide de créer une seconde transformation en produisant des pâtes au blé dur. Si le blé dur n’est pas une culture historique de la région, les récoltes se sont avérées de bonne qualité, même si les rendements sont plus faibles. Les pâtes, composées de farine et d’eau, sans aucun additif, ni améliorant, ni conservateur, « permettent d’obtenir un produit avec un minimum d’empreinte carbone », notent les agriculteurs.

À ce jour, quatre formes de pâtes sont proposées au blé dur et deux à base de farine de grand épeautre. Trois nouvelles matrices sont arrivées afin d’élargir la gamme. « Les pâtes au grand épeautre contiennent moins de gluten et sont plus riches en fibres. Cette farine est plus difficile à travailler et demande une plus grande minutie dans la quantité d’eau à apporter. »

En octobre 2019, les premières farines et pâtes sortent des machines et ils profitent des marchés de Noël pour faire connaître leur gamme de produits. « Nos clients sont restés fidèles durant la crise sanitaire, et nous avons décidé d’ouvrir une boutique* à la ferme de ­Montgazon », explique le couple.

En plus de leurs produits et de ceux de producteurs locaux (bières, chocolats, cidre, thés…), des plants de légumes au printemps, des légumes d’automne et des œufs de la ferme viennent élargir la gamme.

Quatre formes (et bientôt sept) de pâtes sont proposées.
Quatre formes (et bientôt sept) de pâtes sont proposées.

Les farines et pâtes De ­Montgazon à ton assiette se trouvent aussi dans des boutiques à la ferme, des sites en vente directe, chez des commerçants locaux et des restaurateurs. Dans leur volonté d’être toujours proches des clients et de leur expliquer leur métier et leur façon d’aborder leurs productions, ils sont présents lors des marchés de Noël ou autres événements organisés par les villes de Seine-et-Marne.

Le couple a participé à la création du GIEE Paysans meuniers de Seine-et-Marne (Groupement d’intérêt économique et environnemental) regroupant des agriculteurs bio qui transforment leurs céréales en farines. Les Paysans meuniers de Seine-et-Marne s’engagent dans une charte et un cahier des charges de valeurs agricoles, sociales et environnementales communes dont les objectifs principaux sont la préservation de nos écosystèmes, l’obtention de farines de qualité, et la valorisation des produits en circuits courts.

Membres du réseau Bienvenue à la ferme, « une vitrine pour les aider à la commercialisation et à se faire connaître », Emeline et Charles Beronie participeront à la Balade du goût en 2021. Tournés vers l’avenir, le couple travaille sur d’autres pistes de développement en circuits courts.

*La boutique est ouverte le samedi de 10 heures à midi à la ferme de Montgazon, à Courquetaine. Des retraits à la ferme du Petit-Jard (Vert-Saint-Denis) sont organisés les mardis et jeudis et des livraisons sont possibles dans un secteur de 10 à 15 km.

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