Incendies
📹 Fontainebleau : les agriculteurs de retour aux côtés des pompiers
Alors que les opérations de sécurisation ont débuté en forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne), les agriculteurs sont de nouveau intervenus aux côtés des pompiers fin juillet lors de la reprise d'incendies.
Alors que les opérations de sécurisation ont débuté en forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne), les agriculteurs sont de nouveau intervenus aux côtés des pompiers fin juillet lors de la reprise d'incendies.
Alors que l'incendie était sous contrôle depuis plusieurs jours et que les opérations de sécurisation de l'ONF (Office nationatl des forêts) avaient débuté, deux importants départs de feu se sont déclarés mercredi 29 juillet en forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne), l'un à Noisy-sur-École, l'autre à proximité du Grand Parquet, en raison du retour des fortes chaleurs. D’importants moyens de secours ont immédiatement été engagés, rapidement épaulés par les agriculteurs revenus sur place avec leurs tonnes à eau. Au total, 16 hectares ont été parcourus par les flammes, dont 7 hectares jusqu'alors épargnés.
Si les deux feux ont été fixés en quelques heures, ils ne sont toujours pas éteints comme partout où les nombreux points chauds et phénomènes de combustion souterraine liés au sol forestiers et aux systèmes racinaires font craindre des reprise de feux durant plusieurs semaines voire plusieurs mois. En cause, la présence de tourbe dans le sol. À près de 50 cm de profondeur, des températures avoisinant les 500 °C sont encore relevées une semaine après le passage du feu, compliquant considérablement le travail des sapeurs-pompiers. Et les taux d’humidité (35 % en cette fin juillet) et la sécheresse de la végétation (du niveau de mi-aout à fin août) n’arrangent pas la situation.
En parallèle, les équipes de l'ONF s’affairent à la sécurisation des secteurs touchés afin de permettre, dans un premier temps, la réouverture progressive des axes routiers encore fermés puis la sécurisation des sites. Les massifs de Fontainebleau et des Trois Pignons touchés par les incendies resteront toutefois fermés au public certainement durant de longs mois. Toutefois, en ce début août, le dispositif mis en place par les agriculteurs pour ravitailler en eau les pompiers a été levé.
En effet, les racines des arbres ont été impactées ce qui les rend très vulnérables même si leur cime apparaît encore verte. Actuellement une quarantaine d’arbres sont abattus par jour.
Pour rappel l’ONF dispose d’un service DFCI (défense forêts contre incendies) en Île-de-France comme dans 80 départements. Avant 2022 et les violents incendies en Bretagne, les départements du nord n’en étaient pas pourvus. Ce service a un rôle de prévention des incendies via l'entretien des forêt à l'automne et au printemps et la communication auprès des usagers durant l'été.
La forêt de Fontainebleau est fragile avec des espaces naturels remarquables composés de landes, platières de grès, peuplements de pins et feuillus à la biodiversité exceptionnelle. Avec son sol sableux et 40 % de pin (5 % dans le reste des forêts franciliennes) elle est aux avant poste des sécheresses et canicules. Ses pins ont été implantés il y a 300 ans dans les landes et milieux ouverts où les chênes et autres feuillus ne poussent pas. Ils se sont alors multipliés. Autre facteur aggravant : les bivouacs sur ce territoire. Mais les incendies (30 à 40 départs par ans), ne sont pas nouveaux. Des tours de gué existaient dès 1904. Chaleur, sécheresse et vent ont été les facteurs aggravant des incendies de cette période estivale qui ont détruit 10 % du massif.