Portrait
François Vieillard, le tisserand septuagénaire
Tisserand depuis plus de cinquante ans, François Vieillard continue d'exercer sa passion quasiment quotidiennement à Vétheuil (Val-d'Oise).
Tisserand depuis plus de cinquante ans, François Vieillard continue d'exercer sa passion quasiment quotidiennement à Vétheuil (Val-d'Oise).
Rares sont les tisserands qui exercent leur métier de façon artisanale aujourd'hui en France. François Vieillard, installé à Vétheuil dans le Val-d'Oise, le fait depuis plus de cinquante ans. « C'est un métier qui est en voie de disparition parce que tous les ateliers de tissage ont été exportés en Inde, en Chine, un peu partout. Je me souviens de l'époque où on trouvait de très bons fils de lin ou de chanvre dans le nord de la France », regrette le septuagénaire. « Il reste quelques entreprises de haut de gamme », décrit-il.
Une vocation née très tôt
Son attrait pour la profession remonte à l'enfance. « J'avais une passion pour les tissus que portaient mes grands-parents », se souvient-il. Après avoir obtenu un bac électronicien et travaillé quelques années dans ce domaine, il se lance finalement dans l'artisanat en 1973.
Au cours de sa carrière, François Vieillard a participé à de nombreuses reprises à des salons professionnels, lui permettant d'obtenir des contrats avec Maison Cardin par exemple. « J'ai très bien gagné ma vie, mais j'ai arrêté parce que j'étais rentré dans un système de production qui ne me convenait plus. Je me suis adressé à des particuliers, ce qui pousse à la variété du travail avec un aspect challengeant », retrace-t-il. Plus récemment, il a également travaillé pour le film Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu avec Madeline Fontaine, créatrice de costumes césarisée à trois reprises. « J'avais un peu peur avant qu'elle vienne chez moi. Elle était très précise dans ses demandes, il a fallu que je m'adapte. »
Encore aujourd'hui, il travaille avec le même métier à tisser mécanique de 2,5 tonnes, fabriqué en 1956 en Allemagne de l’Est. « Cela me permet de faire des armures complexes, une technique de tissage très utilisée jusqu'aux années 1930-35 », détaille le Valdoisien. « Maintenant, pour faire des dessins sur les tissus, on a plutôt tendance à l'imprimer plutôt que de le tisser », constate l'homme de 75 ans. « Je dois être le seul en France à travailler sur ce type de métier à tisser », estime-t-il.
Le tisserand travaille principalement avec des fibres animales (laine, cachemire, soie, etc.) ou végétales (coton, lin, chanvre, ramie). Chaque année, il fabrique une centaine de mètres de tissus transformés en vêtements et autres accessoires, comme des châles ou des écharpes. « Dernièrement, j'ai travaillé des formes de type kimono parce que j'avais envie d'avoir un joli drapé dans le tissu », raconte l'artisan. « J'aime bien faire de la confection également, je m'en sors pas trop mal, même si je ne suis pas un grand professionnel », ajoute-t-il avec toute son expérience. Et d'affirmer : « C'est ma vie. Si je devais me lever un matin sans mes clients, mes confrères des métiers d'art, mon travail n'aurait plus de sens ».
Biographie :
- 1973 : François Vieillard lance son activité de tisserand.
- 1977 : première participation à des salons professionnels tels que Maison et objet ou Caroussel des métiers d'art et de création.
- 2023 : sortie du film Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu pour lequel François Vieillard a confectionné plusieurs étoffes.