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Gilles Tamagnan, un parcours atypique

Travaillant dans l’imagerie nucléaire, Gilles Tamagnan, docteur en chimie, a acquis le domaine des Pierrettes, à Rilly-sur-Loire, en 2018. Découverte d’un viticulteur au parcours atypique !

« J’ai un parcours atypique  ! », déclare Gilles Tamagnan. Ce docteur en chimie travaillant dans le diagnostic des maladies d’Alzheimer et de Parkinson par imagerie nucléaire a acquis le domaine des Pierrettes, à Rilly-sur-Loire, en juillet 2018.

L’intéressé explique : « Je cherchais un domaine depuis longtemps. Les parcelles étaient d’un seul tenant et le cédant était d’accord pour m’accompagner. Je ne connaissais rien à la vigne mais je n’ai pas peur de prendre des risques  ! ».

Gilles Tamagnan a travaillé vingt-cinq ans aux États-Unis et, avant de partir, il a créé une entreprise en Chine. « La concurrence est plus forte dans le vin que dans l’imagerie nucléaire. Dans ce second secteur, nous sommes trois ou quatre acteurs dans le monde », dit-il.

Outre-Atlantique, l’homme dirigeait cent personnes. En Chine, il en emploie vingt. « Je m’entoure de personnes compétentes », indique le chef d’entreprise.

Gilles Tamagnan déclare : « Lorsque j’ai repris le domaine, j’ai souhaité le convertir au biologique dans les cinq ans mais en conservant une dynamique économique. Objectif  : prendre soin de la terre car on peut être libéral et écologiste ».

Depuis cette année, le domaine des Pierrettes est certifié Haute valeur environnementale (HVE). Le vigneron a supprimé le désherbage chimique et gratte le sol. Ainsi, les racines puisent en profondeur et non en surface.

« Les résultats sont convaincants », commente notre interlocuteur. Celui-ci a passé un contrat avec un apiculteur voisin car « nous sommes sensibles à la faune et à la flore qui nous entourent afin de créer de la biodiversité sur le domaine ».

La première année, le viticulteur a produit une cuvée de vin blanc sans sulfite. L’année suivante, il a étendu sa gamme à quatre vins  : un blanc, un rosé et deux rouges.

« Utiliser moins d’intrants dans les vignes et au chai est une manière de nous démarquer. Toute l’entreprise est partie prenante de la démarche. Cela répond aussi à une demande du public », explique le propriétaire des Pierrettes. Qui ajoute  : « Le changement climatique nous impose de nous adapter. J’aime également faire des choses qui sortent des sentiers battus ».

Les raisins destinés aux vins blancs sont récoltés à la machine. Pour les rouges et les vins sans sulfite, la récolte s’effectue à la main. « Notre système fonctionne bien, commente Gilles Tamagnan. Cette année, à cause de la sécheresse, les rendements sont moyens. Mais c’est un beau millésime sur le plan qualitatif ».

Notre interlocuteur poursuit  : « Les ventes directes constituent le socle de nos débouchés. Nous avons besoin d’un contact avec la clientèle car boire du vin est un moment de plaisir ».

Toutefois, le viticulteur souhaite développer la clientèle professionnelle au niveau national et les exportations (Union européenne, États-Unis et Chine). Essayer de nouveaux cépages et construire de nouveaux chais sont ses autres projets.

« Je veux solidifier les fondations mises en place depuis deux ans », conclut-il.

Situé à Rilly-sur-Loire, le domaine des Pierrettes, géré par Gilles et Nathalie Tamagnan, s’étend sur 25 ha, dont 20 ha en production et 5 ha en plantation. Les vignes cultivées se répartissent entre les AOC Touraine (7,5 ha de sauvignon, 3,5 ha de gamay, 3,5 ha de chenin et 2 ha de cabernet) et Touraine-Amboise (3,5 ha de côt et 4,5 ha de chenin).

3  000 m2 de vins de France en viognier complètent le parcellaire. La production du domaine est d’environ 1  000 hl. L’entreprise emploie six personnes.

Parallèlement à son installation à Rilly-sur-Loire en 2018, Gilles Tamagnan a acquis un domaine de 15 hectares à Saint-Romain-sur-Cher en AOC Touraine (sauvignon, gamay, cabernet et côt). À ce titre, il est membre de la cave coopérative des Vignerons des coteaux romanais.

 

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