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Gwenaëlle Sagot, ou épurer avec les plantes

Installée dans le Perche en Eure-et-Loir, Gwenaëlle Sagot a changé d'orientation professionnelle pour se lancer dans la phytoépuration.

Quoi de plus prosaïque qu\'une fosse septique  ? Pour mettre un peu de poésie dans les systèmes d\'épuration, rien ne vaut des roseaux et quelques fleurs. Gwenaëlle Sagot en est intimement convaincue.

Installée à Saint-Denis-d\'Authou, dans le Perche eurélien, elle a monté son entreprise, O\'Claire, il y a quelques mois, à la veille du confinement général. Et son bureau d\'études propose désormais aux particuliers ou aux professionnels, comme ceux de l\'agriculture par exemple, l\'installation de jardins d\'assainissement de la marque Aquatiris, basés sur les principes de la phytoépuration.

«  J\'ai un parcours atypique, prévient-elle avec un large sourire que son masque ne parvient pas à dissimuler. Pendant quinze ans, j\'ai été directrice d\'un Centre social. Au fil du temps, cette structure a évolué et au bout d\'un moment, je ne m\'y retrouvais plus... Par ailleurs, mon mari est installé ici comme paysagiste et il y a quelques années nous avions construit nous-même notre réseau d\'assainissement avec la phytoépuration. J\'ai entrepris une formation interne avec Aquatiris. C\'est vrai que je ne me suis pas dit, adolescente, que j\'allais me lancer là dedans...  ».

«  Le côté écologique du système m\'a conquise. C\'est durable et il n\'y a pas d\'entretien hormis couper les tiges. Le système utilise le terrain pour fonctionner. Un seul inconvénient, c\'est plus cher qu\'un système classique. Mais seulement au départ  : à long terme, il n\'y a plus d\'entretien à faire régulièrement. Un tiers du coût est lié aux matériaux et donc il existe une disparité selon les régions. Le reste, à la réalisation — terrassement, étanchéité, remplissage — et donc au temps de main-d\'œuvre  ».

Son rôle consiste, avec le client, à réaliser l\'étude de terrain en amont pour déterminer l\'emplacement du jardin d\'assainissement  : «  Ça se joue entre les contraintes et l\'esthétique. Il faut l\'éloigner des arbres et de la maison, il y a des règles en fonction du nombre d\'habitants par exemple  », explique-t-elle.

C\'est le Spanc* qui fixe les contraintes. L\'étude préalable qu\'elle réalise lui est envoyée pour accord, il ne peut pas refuser mais peut demander des ajustements. Les travaux, réalisés par l\'une des cinq entreprises labellisées de son réseau en Eure-et-Loir, peuvent commencer.

«  Mais on peut aussi le faire en autoconstruction. Je me charge alors de l\'étude préalable, des démarches auprès du Spanc* et de l\'accompagnement sur les aspects techniques. Un tiers de mes clients le font de cette manière  ». Et glissent un peu de poésie, là où il n\'y en a pas...

Hervé Colin

*Service public d\'assainissement non collectif

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