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FDSEA 77
Cyrille Milard : « Il est urgent que l’État donne un sens à notre métier »

Mardi 30 mai, à Provins, lors de l'allocution officielle du président de la FDSEA 77, Cyrille Milard, à l'occasion de l'AG de cette dernière.
Mardi 30 mai, à Provins, lors de l'allocution officielle du président de la FDSEA 77, Cyrille Milard, à l'occasion de l'AG de cette dernière.
© L.G.-D. Horizons

Retour sur les points clés de l’allocution du président de la FDSEA 77, Cyrille Milard, lors de son assemblée générale, mardi 30 mai à Provins.

«En ces temps difficiles, il est essentiel de pouvoir compter sur un partenaire reconnu, efficace et professionnel : votre FDSEA 77 en est la clé au travers des services et de ses élus qui s’attachent à la défense de vos intérêts ». Tels ont été les mots de conclusion du président de la FDSEA, Cyrille Milard, lors de son allocution officielle mardi 30 mai à Provins, débutée par un clin d’œil à son prédécesseur, Arnaud Rousseau, nouveau président de la FNSEA, pour lui assurer le soutien des agriculteurs seine-et-marnais.

« Évoquer la disparition des moyens de production, ce n’est pas une lubie d’agriculteurs intensifs comme nous pouvons être catalogués par ceux qui n’y connaissent rien. Notre métier premier n’est-il pas de nourrir les hommes ? Mais comment faire ? », a interrogé le président de la FDSEA 77 alors que le spectre de la jaunisse sur betterave fait son retour, comme celui des ravageurs des sols. « Et les haies ne serviront à rien. Cette biodiversité tant adulée par les citadins sera venue à bout des tournesols avec près de 80 % des parcelles détruites ». La disparition des cultures, faute de moyens de production, est en totale incohérence avec les objectifs de la nouvelle Pac de diversifier les assolements.

« Oui à la souveraineté alimentaire, mais donnez-nous les moyens d’y arriver. N’importons pas l’agriculture que nous ne voulons pas. Il va falloir un certain courage politique pour enrayer cette décroissance. D’abord pour s’imposer dans cette Europe bercée de greenwashing où la biodiversité dirige les politiques, et pour ouvrir les yeux sur ces minorités qui cultivent l’anti-tout, où le dogmatisme est leur science ».

« Quand en plus le ministre de l’Économie — qui est un ancien ministre de l’Agriculture — fustige la production de protéines animales et vante la protéine végétale : les éleveurs se sentent humiliés et dévoyés. Mais surtout, on perd toute cohérence d’une politique pour préserver notre souveraineté alimentaire. C’est nier que 97 % des Français mangent de la viande ». Et de poursuivre : « Et la radicalisation écologique prend une nouvelle dimension avec l’eau. La justice doit passer contre ceux qui incitent et participent aux actions violentes. Pour répondre aux besoins des consommateurs en produits locaux, il faut accepter que l’irrigation soit un moyen de production à part entière ».

Autre point mis en exergue : la FNSEA, premier syndicat des agriculteurs biologiques, a pris à bras-le-corps la crise que subit la filière avec la négociation d’une rallonge de l’aide d’urgence passant de 10 à 70 millions d’euros. « Si l’agriculture bio est en crise, j’ai bien peur que les agriculteurs en conventionnel soient au début des difficultés avec le fameux effet ciseaux ».

Les difficultés sont omniprésentes dans le quotidien des agriculteurs et beaucoup s’interrogent : quel est le sens de leur métier ? « Et la nouvelle Pac nous a tous vaccinés… Ce système perd toute notion d’agronomie et s’éloigne toujours un peu plus de la réalité du terrain. À tel point que votre FDSEA 77 a réalisé près de 30 % de déclarations supplémentaires par rapport à l’année dernière. »

Mais si des agriculteurs sont tentés de se résigner, la mission de la FDSEA 77 est de les accompagner et de leur donner des perspectives, comme l’a fait la table ronde organisée lors de l’assemblée générale. « Pour la réussite de nos projets, on peut se féliciter de la collaboration étroite avec la chambre d’Agriculture de région Île-de-France et les collectivités : conseil régional et conseil départemental ».

Une mention aux retraités, « qui après des années de combat, ont obtenu une belle revalorisation de leur retraite avec la prise en compte des vingt-cinq meilleures années ».

Et de conclure avec un message pour le préfet : « Il est urgent que l’État donne un sens à notre métier, ne perdons pas plus de temps, les enjeux sont gigantesques, il faut cesser les injonctions contradictoires et les interdictions. Pour le reste, faites-nous confiance, on saura faire ».


Lire également Arnaud Rousseau : « Regardons ce que l’on peut apporter à la société »

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