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Expérimentation
Ils testent les engrais verts

Charlotte Denis, viticultrice à Mareuil-sur-Cher, et Benoist Charrier, viticulteur à Pontlevoy, testent les engrais verts dans leurs vignes pour améliorer la fertilité de leurs sols.

Encore peu répandus en France, les engrais verts ont pour vocation d'améliorer la fertilité des sols. Afin d'en connaître concrètement les effets, la chambre d'Agriculture de Loir-et-Cher mène des essais en partenariat avec des viticulteurs. Membres du Groupement d'intérêt économique et environnemental (GIEE) viticole de la Chambre, Charlotte Denis, installée au Domaine de la Renaudie à Mareuil-sur-Cher, et Benoist Charrier, viticulteur à Pontlevoy, ont accepté de se prêter au jeu. Depuis trois à quatre ans, ils implantent des engrais verts entre leurs plants de vigne.

Sensibles à l'environnement, le recours à cette pratique leur a semblé être une évidence. « J'aime tester des techniques alternatives. Je ne suis pas en bio mais je cultive mes vignes de manière très raisonnée », témoigne Benoist Charrier. « Notre domaine est labellisé Terra Vitis. Nous tentons toujours d'améliorer nos pratiques, explique Charlotte Denis. J'ai aussi des sols très argileux, c'est difficile de passer en tracteur lorsque ceux-ci sont travaillés. Il me fallait trouver une solution pour accéder à mes vignes toute l'année. J'ai d'abord essayé les engrais verts, et maintenant, je teste également les enherbements ».

Réduire les produits chimiques

Selon les plantes choisies, les engrais verts permettent de plus ou moins décompacter, nettoyer les sols… Dans leur cas, Charlotte Denis et Benoist Charrier cherchent avant tout à ramener de l'azote et de la matière organique dans leurs cultures. Tous deux ont fait le choix de semer principalement de la féverole. « Cette plante m'apporte bien plus d'unités que lorsque j'utilisais des produits chimiques », se réjouit Benoist Charrier. Dans ses terres « en manque de vie », le viticulteur implante également du sarrasin.

Charlotte Denis, quant à elle, ne sème des engrais verts que dans ses jeunes vignes, de 1 à 5 ans. « Dans mes vieilles vignes, je favorise l'enherbement qui demande moins d'entretien. Je fais aussi ce choix, car si on loupe la bonne période de destruction des engrais, il y a un risque de gel plus important sur la vigne en raison de l'humidité générée par ceux-ci. »

Les engrais verts sont également utiles dans la lutte contre les adventices. « Lorsque l’on sème une plante choisie, celle-ci prend la place dans le milieu et évite que les mauvaises herbes ne poussent. Cela nous évite donc d’avoir recours à des désherbants pour lutter contre les adventices en concurrence directe avec la vigne », affirme la viticultrice.

Selon Benoist Charrier, les engrais verts « participent également à la dégradation des produits phytosanitaires dans les sols grâce à leurs racines ». Une variété de luzerne permettrait même de détruire les nématodes du sol néfastes pour la vigne.

Du travail supplémentaire

Si les engrais verts présentent de nombreux avantages, ils possèdent aussi quelques inconvénients. Leur gestion implique une importante charge de travail supplémentaire. « Avec le chimique, on fait un passage et c’est bon. Là, il faut un peu préparer les sols, semer, détruire… C’est du travail et en plus, on n’a pas encore beaucoup de recul sur ce que l’on fait », indique Benoist Charrier.

Les semis des engrais verts se font à l’automne après les vendanges et sont ensuite détruits quand arrive le printemps. « Les plantes doivent être à la limite de leur maturité. On peut les broyer quand elles sont bien chargées en azote pour faire un gros apport à la vigne », poursuit le viticulteur. « Il faut recommencer ces opérations tous les ans et on dispose de périodes d’action courtes, ce qui n’est pas évident”, ajoute Charlotte Denis.

Malgré ces quelques contraintes, les deux agriculteurs affirment être très satisfaits de leurs essais et comptent bien les poursuivre en testant notamment de nouvelles variétés de plantes.

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