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Innovations et agriculture : les biotechnologies vertes un puissant levier de croissance

Innovations et agriculture : les biotechnologies vertes un puissant levier de croissance La France ne doit pas manquer le train des biotechnologies qui avec les nanotechnologies, l’informatique et les sciences cognitives, vont être à l’origine d’un nouveau cycle de croissance, à l’image de ce qu’a été la révolution industrielle au XIXème siècle, selon Initiatives Biotechnologies vertes.(1)

Nicolas Bouzou.
Nicolas Bouzou.
© Olivier JOLY

«Contrairement à ce que pensent certains, l’économie mondiale est au début d’un cycle d’innovations comparable à celui de la première révolution industrielle», estime Nicolas Bouzou, économiste et directeur-fondateur du think tank Asterès, à qui Initiatives Biotechnologies végétales (IBV) a commandé une étude sur les biotechnologies végétales et la croissance économique. Pour cet économiste, le 21ème siècle sera marqué par l’émergence des NBIC dans le quotidien des entreprises et des ménages. NBIC, c’est l’acronyme de quatre domaines scientifiques, les nanotechnologies, les biotechnologies, l’informatique et sciences cognitives appelées à de fulgurants développements. «Les avancées dans les NBIC vont se traduire par de puissantes vagues d’innovations qui vont impacter l’ensemble des secteurs économiques, modifiant les modes de production ainsi que l’offre de biens et de services. Dans l’ensemble, les NIBC vont accroître la productivité du système productif au cours des prochaines décennies. L’emploi bénéficiera d’un nouvel élan de croissance économique et de nouveaux produits et services contribueront à améliorer le bien-être des populations», prédit Nicolas Bouzou, assurément très optimiste, dans son rapport. Les biotechnologies végétales constituent un sous-segment des NBIC, explique l’économiste. En effet, les plantes génétiquement modifiées permettent d’accroître les rendements agricoles. Tout en réduisant l’empreinte écologique des cultures comme celles qui seront moins gourmandes en eau par exemple. En limitant le recours aux produits phytosanitaires, elles allègent la charge de travail des agriculteurs et réduisent leur exposition aux pesticides, comme celle des consommateurs. Le génie génétique permet en outre d’améliorer les qualités nutritionnelles des plantes, comme le riz doré enrichi en bêta-carotène qui permet de lutter contre les carences en vitamine A qui affectent de nombreux pays en développement. Sans oublier le rôle des plantes génétiquement modifiées (PGM) dans l’adaptation au changement climatique en diminuant les besoins en engrais azotés et les passages de tracteurs, donc de la consommation de carburants par exemple. Raison de plus pour ne pas louper le train de ce progrès. Contrairement aux pays émergents (Brésil, Argentine…), sans parler des Etats-Unis, qui ont fait le pari des biotechnologies végétales, l’Europe et la France en particulier ont imposé un moratoire sur les OGM. «L’interdiction d’en produire en France est un signal négatif envoyé aux chercheurs, aux semenciers, aux agriculteurs et aux industriels français. Pour ces acteurs, confrontés à la concurrence internationale, l’utilisation des avancées scientifiques est une condition nécessaire au maintien de leur compétitivité à long terme et donc de leur pérennité. Si la France venait à maintenir son opposition de principe aux PGM, elle se couperait de marchés mondiaux à forte croissance. A long terme, le préjudice pour l’économie française se mesurera en termes de croissance perdue et d’emplois, tant dans les secteurs agricoles qu’industriels que, par effet d’entraînement, dans les services», peut-on ire dans le rapport. Pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouve notre pays, l’économiste suggère non pas de supprimer le principe de précaution inscrit dans la Constitution, mais d’en faire une lecture plus souple et d’introduire la notion de proportionnalité associée à celle de prudence. En effet, après près de 20 ans d’expérience des cultures PGM à grande échelle, aucune étude scientifique sérieuse n’a relevé de menace avérée. Ce qui ouvrirait la voie à la relance de la recherche française sur les biotechnologies vertes, aujourd’hui en jachère si le principe de précaution était invoqué à sa juste valeur.

(1) Initiatives Biotechnologies vertes est une plateforme d’échanges et de communication associant le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis), l’Union française des semenciers (UFS) et l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP)

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