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Interprofession des fruits et légumes : Le consommateur au cœur des préoccupations

Saluant le travail collectif de l’interprofession qui a réussi à relever une Cotisation volontaire obligatoire pour compenser l’arrêt de la Taxe fiscale affectée, les présidents d’Interfel, d’Aprifel et du CTIFL ont fait le point sur les enjeux et les demandes de la filière en 2017.

A 13 familles, contre neuf au début de son mandat, « il est plus compliqué d’obtenir un accord », a souligné Bruno Dupont, président d’Interfel, lors de la conférence de presse organisée en commun avec Aprifel et le CTIFL, le 10 février. L’arrêt de la Taxe fiscale affectée (TFA) en juin 2015 a été remplacée avec succès par une Cotisation volontaire obligatoire (CVO) pour abonder les 14 millions d’euros manquants. Des crédits indispensables à la recherche et au développement pour la filière qui entend répondre au maximum aux attentes du consommateur. Dans ce défi, Aprifel, qui associe scientifiques et consommateurs, aura un rôle clé au niveau de la diffusion de l’information, grâce à son travail en étroite collaboration avec les associations de consommateurs. Sans cela, affirme Louis Orenga, devenu directeur général des trois structures l’année dernière, « on sera toujours interrogés sur ce qu’on a voulu faire, et sur ce qu’on a voulu dire ». Aprifel va accentuer en 2017 le développement des documents d’information sur les problématiques de santé et d’alimentation, à destination des professionnels et du grand public. Pour Jacques Rouchaussé, président du CTIFL « il faut mettre le consommateur au centre des préoccupations de notre filière, car on ne pourra pas se passer de ses attentes ». Le travail de centre technique portera ainsi sur quatre axes pour mieux répondre aux exigences croissantes du consommateur : la qualité, avec un investissement particulier sur le post récolte, la modernisation pour gagner en compétitivité à tous les maillons de la filière, la digitalisation, mais aussi les pesticides. « Oui, aujourd’hui il faut vraiment qu’on trouve ces moyens, ces luttes alternatives pour contrer les pesticides », affirme Jacques Rouchaussé, qui ajoute que le CTIFL y travaille depuis plus de vingt ans, et regrette la tendance des distributeurs à « faire peser une peur sur nos itinéraires techniques, sur nos produits », ce qui constitue « une publicité mensongère pour le consommateur ».

Interpeller les politiques

« Ça nous fait plaisir de bien fonctionner, mais les pouvoirs publics du coup ont tendance à nous oublier », regrette Bruno Dupont. L’année 2017 sera l’occasion de les interpeller sur plusieurs points de dysfonctionnement, par exemple sur la promotion de l’origine. Alors que le consommateur est en demande, que l’étiquetage de l’origine est obligatoire, les textes européens ne permettent pas de communiquer collectivement sur l’origine. « Il faut que les textes européens prennent en compte l’aspect interprofessionnel et s’adaptent aux produits frais », estime Louis Orenga. « D’autant que nos produits sont recherchés, on se prive de beaucoup de choses », souligne Jacques Rouchaussé. Christel Teyssedre, présidente d’Aprifel, revient de son côté sur l’échec de l’application du programme européen « Un fruit pour la récré », pourtant demandé par la France, et dont l’opérationnalité sur le territoire national est clairement à revoir, avec des difficultés de remboursement importantes. Autre incongruité : un décret est en cours pour supprimer les temps de parole instaurés par la LMA pour que la filière puisse diffuser sur les grandes chaînes des messages d’information grand public. « Alors que l’on est à même de passer un message cohérent, impartial, sur ce que peut être demain la consommation de fruits et légumes », s’insurge Bruno Dupont. Bien que reconnus comme plus sains, les fruits et légumes ont paradoxalement moins d’espace de visibilité que les produits sucrés. Au même titre que les autres interprofessions, la filière souhaite obtenir des budgets conséquents pour la promotion et la communication. « Nous avons des revendications à porter, l’actualité de mars/avril sera chargée », prévient Jacques Rouchaussé. La filière va développer prochainement ses demandes aux futurs candidats à l’élection présidentielle, candidats à qui elle compte faire signer des chartes sur les promesses engagées.

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