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JA 77 : quelle agriculture en 2025 ?

De nombreux JA 77 ont assisté à leur assemblée générale, le 12 février au Mée-sur-Seine, sous la présidence reconduite de Mathieu Beaudoin. Ils en ont profité pour se projeter en 2025.

Après avoir accueilli les participants à l’assemblée générale des JA77 le 12 février au Mée-sur-Seine, le président Mathieu Beaudoin a laissé place à la diffusion du traditionnel rapport d’activité vidéo.

Ce film, drôle et caustique, se compose d’une succession de saynètes jouées par des JA77. Il permet de revivre les moments forts de l’année écoulée, déclaration Pac en tête.

Puis une convention entre les JA 77 et la MSA Ile-de-France a été signée.

Mais c’est le débat, animé par Gérald Duwer sur le thème « Quels modèles d’agricultures en 2025 ? », qui a occupé la majeure partie de cette assemblée générale. « Les produits finis voient leurs prix augmenter mais pas nos matières premières. Si nos politiques continuent, ils vont détruire nos filières agricoles » : tel est le décor planté par Gérald Duwer avant de laisser la parole aux intervenants.

La ferme France a de nombreux atouts comme l’a rappelé Patrice Auguste, en charge des relations terrain à l’AGPB(1). Elle se caractérise par un quart de la production céréalière européenne, cinquième producteur mondial de céréales, des rendements élevés (7 tonnes/ha en moyenne contre 3 au niveau mondial), des exportations de blé tendre qui représentent l’équivalent de 76 Rafales et une source de création de valeur ajoutée (3,5 milliards au niveau des exploitations mais aussi tout au long de la filière).

Toutefois, un défi reste à relever : les taux de protéines qui sont en baisse (de 12,5 à 11,1 de 2003 à 2015 alors qu’en Allemagne, ils sont de 12,8).

Son homologue à la Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux, Thibaut Ledermann, rappelle qu’au niveau des protéines, la majorité de la population mondiale ne se trouve encore qu’à sa première transition nutritionnelle. La demande va donc augmenter de 40 % à horizons 2030 mais de manière hétérogène (+106 % en huile de palme, +41 et 45 % pour le colza et le tournesol). D’autres débouchés en oélochimie vont aussi exploser.

Face à ce constat, le secrétaire général de l’AGPB, Jean-François Isambert, met en exergue la nécessité de produire plus demain tout en étant encore plus respectueux de l’environnement et compétitif.

D’ailleurs, comme l’a souligné le vice-président de Valfrance, Philippe Heusèle, les coopératives sont certainement un des outils pour agir sur la compétitivité des productions agricoles, qu’elles soient issues de l’agriculture conventionnelle ou biologique. Et de rappeler le leitmotiv de Valfrance : « la qualité en quantité ».

Selon le président de la chambre d’Agriculture, il n’y aura pas un mais plusieurs modèles agricoles, avec une production de masse qui perdurera. « L’agriculteur ne doit pas être une variable d’ajustement du prix. La valeur ajoutée doit être partagée entre tous les acteurs, mais la performance technique doit rester un élément essentiel », souligne Thierry Bontour avant d’insister sur deux points : la préservation du foncier et les politiques européennes, françaises et régionales.

Quant au secteur de l’élevage, dont les filières sont inexistantes en Ile-de-France bien qu’un bassin de consommateurs de douze millions de personnes se trouve à sa porte, le président de l’Établissement régional d’élevage, Marc Lesty, a appelé « les jeunes à être réactifs et créatifs et à ramener la valeur ajoutée dans la cour de la ferme en insistant sur les marchés locaux ».


Dans un discours très idéologique, Bénédicte Monville-De Cecco, secrétaire départementale d’EELV(2) 77 et conseillère régionale, a pour sa part remis en cause le modèle agricole actuel, appelant à « penser l’agriculture en matière de productivité mais également sur ce qu’elle peut apporter à la société (environnement, travail) ». Elle opposait ainsi les types d’agriculture alors que tous prônaient la diversité des modèles et des échanges.

« L’agriculture doit saisir les progrès techniques, la compétitivité étant au cœur du système. Soyons encore plus soudés pour passer ce moment difficile. Agissons pour une agriculture juste, vivable et pouvant approvisionner les pays voisins. Élus, fonctionnaires… faites-nous confiance », a conclu Gérarld Duwer avant de laissser la parole à Mathieu Beaudoin. Mais c’est au directeur départemental des Territoires, Yves Schenfeigel, que le mot de la fin est revenu.

Le matin de l’Assemblée générale, Jeunes agriculteurs de Seine-et-Marne avait élu son conseil d’administration. Composé de vingt membres en partie renouvelés, il compte quatre femmes — une première. Mathieu Beaudoin, après deux années à la présidence des JA 77, est reconduit à ce poste et Sébastien Guérinot en tant que trésorier. Un nouveau secrétaire général a été élu : Thibault Guilvert.

(1) Association générale des producteurs de blé.

(2) Europe écologie-Les verts.

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