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"JA Loiret continuera de faire entendre sa voix"

Le président de Jeunes agriculteurs du Loiret, Charles Perdereau, revient sur les actualités ­agricoles et syndicales.

Charles Perdereau, président de JA 45

Quel bilan tirez-vous de la campagne 2020 ?

Charles Perdereau : La campagne 2020, qui n'est pas encore finie, révèle beaucoup de disparités de rendement entre les territoires et les productions. D'après l'AGPB, 50 % des céréaliers ne dégageront pas de revenus cette année. Les éleveurs quant à eux font face à des pénuries de fourrages et de paille.

Les betteraviers ont subi de plein fouet les effets de la virose, transmise par les pucerons, faute de solutions pour les contenir. Les années compliquées se suivent, les problèmes s'accumulent et les trésoreries se réduisent à peau de chagrin, si rien n'est fait c'est l'avenir de l'agriculture loirétaine qui est sur la sellette.

Comment envisagez-vous la campagne 2021 ?

Elle débute difficilement, les premiers semis sont difficiles compte tenu de la sécheresse des sols. Nous attendons la pluie avec impatience. Nous savons d'ores et déjà que nous risquons de connaître une fois de plus des conditions défavorables : excès de pluie en hiver et sécheresse au printemps et à l'été.

Nous tentons quotidiennement de nous adapter mais n'avons malheureusement pas toutes les cartes en main pour réussir. De plus, nous vivons constamment avec cette épée de Damoclès : l'interdiction sans solutions.

Quels outils sont à mettre en oeuvre pour améliorer la situation des agriculteurs ?

Nous devons continuer à travailler pour apporter davantage de valeur ajoutée sur nos exploitations. Outre une plus juste répartition des marges, la diversification des ateliers et productions est un levier majeur pour pérenniser nos fermes.

Pour cela il nous faut sécuriser l'accès à l'eau en développant au plus vite les retenues d'eau. Par ailleurs, nous réitérons nos demandes auprès de l'administration pour que soit accordée, dans les temps, l'autorisation de fauche des jachères. De même, l'administration doit prendre compte de la réalité du terrain comme pour l'implantation des SIE afin d'éviter les frais inutiles.

Enfin, nous sommes persuadés que la recherche apportera les réponses aux enjeux actuels et futurs mais il faut du temps, l'agriculture c'est un cycle a minima annuel.

À la suite de vos échanges avec Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture, ces solutions sont-elles envisageables ?

Nous avons l'opportunité d'avoir un ministre consciencieux et pragmatique. Il a été à l'écoute durant notre entretien et semble avoir saisi l'urgence de nos territoires et filières. Nous avons pu développer avec lui trois sujets primordiaux : l'accès à l'eau, les zones intermédiaires et le renouvellement des générations en agriculture.

Pour l'eau, il dresse le même constat : « Pas d'agriculture sans eau » et s'est montré prêt à soutenir la profession sur cet enjeu. Il connaît la problématique des zones intermédiaires et souhaite travailler de concert avec les syndicats et les instances agricoles pour apporter des réponses adaptées.

Enfin, il a conscience de l'enjeu démographique de notre profession et s'est montré fortement intéressé par les solutions de portage du foncier. Mais c'est par les actes que l'on juge un homme, nous attendons la suite.

Le plan de relance annoncé par le gouvernement répond-il aux enjeux actuels et futurs ?

Nous pouvons nous satisfaire de bénéficier d'un plan de relance. Les grandes lignes sont tracées, charge à nous de veiller à ce que les mesures, qui vont être prochainement détaillées, soient en adéquation avec nos attentes et besoins.

Les résultats de la campagne 2020 impactent-ils le moral des jeunes agriculteurs du Loiret ?

Il est vrai que l'année a été doublement difficile, d'une part les moissons très hétérogènes et le manque de fourrages qui réduit la résilience de nos exploitations et d'autre part la crise de la Covid-19 qui nous a contraints de reporter deux événements, Terre en fête et Festi'ferme, et d'annuler notre participation à Innov-agri. Malgré les difficultés, nos adhérents gardent le moral, c'est essentiel !

Justement, comment faites-vous pour maintenir cette convivialité et cette motivation propres à JA ?

C'est un travail quotidien, nous sommes à l'écoute de nos adhérents et nous nous efforçons d'améliorer leurs conditions à travers les différents échanges que nous avons avec les politiques. Bien évidemment l'organisation d'événements festifs contribue largement à souder nos équipes.

Cet été nous avons organisé, à Sigloy, une journée où tous les adhérents étaient invités à partager un moment de cohésion. Enfin, les manifestations telles que Un Dimanche à la campagne, qui s'est tenu le 23 août, permettent de (re)créer ­du lien avec les consommateurs donnant tout son sens à notre métier de producteur.

Après huit mois à la tête de JA 45, quel pré-bilan tirez-vous ?

Il est un peu tôt pour tirer un bilan. Je peux juste constater que la responsabilité est haute tant les défis sont nombreux. J'ai la chance d'être appuyé par des administrateurs actifs et investis dans leurs missions. Le travail a jusqu'à aujourd'hui été fait, charge à nous de poursuivre nos objectifs pour l'avenir de l'agriculture loirétaine.

JA a la chance de pouvoir s'appuyer sur des partenaires fidèles et investis. Je me réjouis des excellentes relations avec Jean-Marie Fortin, président de la chambre d'Agriculture du Loiret, et Patrick ­Langlois, président de la FNSEA 45. Ensemble nous sommes déterminés à construire des propositions concrètes et ambitieuses pour la Ferme Loiret.

JA Loiret continuera de faire entendre sa voix et défendra avec passion ses positions, notamment sur le RGA et le foncier.

Pouvez-vous en dire plus sur vos futurs événements ?

Nous prévoyons de mener les manifestations Terres en fête et Festi'ferme, reportées en 2021 à cause de la Covid-19. Le conseil d'administration s'attèle à la préparation de deux événements de grande ampleur. Nous allons collaborer avec JA Eure-et-Loir et JA Île-de-France ouest pour accueillir les Terres de Jim en 2022 dans le Loiret.

Travailler avec ces départements nous semble primordial pour développer l'esprit d'équipe et nous ne serons pas de trop pour préparer la plus grande fête agricole en plein air d'Europe.

Le second événement, également pour 2022, est prévu à Orléans. Nous attendons le feu vert de la mairie et de la métropole. À plus court terme, nous prévoyons d'organiser, cet hiver, une seconde édition de JA'dore la viande et envisageons d'étendre ce concept à d'autres filières.

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