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Journée de grosse mobilisation à Nogent-le-Rotrou

La FDSEA et Jeunes agriculteurs d’Eure-et-Loir maintiennent la pression : ils étaient encore plus de deux cents à Nogent-le-Rotrou mardi. Ils ont déversé le contenu de quelques remorques devant la sous-préfecture et deux grandes surfaces de la ville.

« Nous allons déverser devant la sous-préfecture quelques remorques d’amendements organiques pour faire germer nos idées... Ensuite, nous irons faire un tour chez les GMS* », lance Pierre Manent juste avant le départ des tracteurs rassemblés au silo de Trizay-Coutretot-Saint-Serge.

Le secrétaire général de Jeunes agriculteurs prend dès lors la tête du convoi qui fait route vers Nogent-le-Rotrou le matin du 16 février. De fait, avec la FDSEA, une grande journée de mobilisation est organisée dans la capitale du Perche, histoire de maintenir la pression et de se faire enfin entendre.

Car la détresse des éleveurs est de plus en plus palpable. Leur colère monte : « Nous sommes tous dans la merde, c’est pour ça qu’on en a mis un peu devant la sous-préfecture : pour partager notre quotidien ! », ironise Fabien Navet, éleveur à Souancé-au-Perche et président du canton JA d’Authon-du-Perche.

Il ajoute : « Nous sommes là une énième fois pour pousser un coup de gueule. Nous sommes de plus en plus nombreux, plus concernés. Est-ce-que nous sommes une filière sacrifiée ? Nous ne sommes pas là pour demander des subventions, mais des prix et un marché pour pouvoir vivre de notre métier comme l’ont fait trois générations avant nous », résume-t-il. 

« Nous préférerions être dans nos exploitations, malheureusement nous sommes encore là aujourd’hui », remarque Jean-Michel Gouache, le président de la FDSEA dans son discours sur la place du 11 août : « Normalement, le Premier ministre doit faire des annonces demain. J’espère qu’elles seront plus conséquentes que celles de la semaine dernière. Le Foll commence tout juste à prendre la mesure du problème... En attendant, nous avons une demande forte pour qu’une TVA sociale soit appliquée et avancer sur la mise en place d’un fonds de soutien au niveau de la distribution, reversé aux éleveurs. C’est tout de suite que ça doit être mis en place ! », tempête le président.

Après avoir consciencieusement paillé la sous-préfecture, les quelque deux cent cinquante agriculteurs présents et une trentaine de tracteurs convergent vers le magasin Intermarché de la ville. Là aussi, quelques remorques de matières plus ou moins bio-dégradées sont vidées devant les portes d’entrée.

Quelques œufs s’écrasent sur la façade sous les yeux du directeur de l’établissement qui finalement engage une discussion avec les manifestants : « Nous, nous vendons notre lait entier vingt-six centimes le litre », lui fait remarquer une éleveuse : « Vous, vous le vendez combien ? » Silence du directeur qui ensuite invite une délégation à venir vérifier origine et prix des produits.

La dernière cible de la journée est le centre commercial Leclerc, à Margon. Cette fois, les syndicats envoient leur délégation effectuer l’opération de vérification avant l’arrivée des premiers tracteurs.

Force est de constater que la majorité des produits est correctement étiquetée ; qu’il y a plus d’opacité sur les produits de grandes marques ou transformés que sur ceux vendus sous son nom par le distributeur. Quant aux prix, là par exemple, le litre de lait entier est vendu un peu moins d’un euro...

« Merci de redistribuer la marge ! », crie la productrice de lait. C’est tout ce qu’ils demandent. Gentiment, encore.

*GMS : Grandes et moyennes surfaces

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