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Communication
Journée de la femme : portraits d'agricultrices franciliennes

À l'occasion de la journée internationale des droits des femmes le 8 mars, la MSA Île-de-France et l'association Agriculteurs d'Île-de-France diffusent du 7 au 11 mars une série de portraits. Extraits.

Josiane Bihan et Thifaine Huette : « Oser faire le pari des apprenties »

Josiane Bihan, exploitante agricole (à g.) et Thifaine Huette, apprentie.

Exploitante agricole à Videlles (Essonne), Josiane Bihan témoigne aux côtés de son apprentie Thifaine Huette, en BTSA Acse en alternance à la Bergerie nationale de Rambouillet (Yvelines). Deux femmes, deux générations.

« On a un rôle un peu spécial. On n’a pas l’habitude de voir des femmes dans l’agriculture, mais ça évolue. J’aimerais bien m’installer plus tard et un BTSA Acse (Brevet de technicien supérieur agricole Analyse et conduite des systèmes d'exploitation). devrait m’aider à réaliser mon projet. Ma passion pour l’agriculture est venue par hasard à la suite d'une erreur d'orientation », souligne Thifaine Huette, apprentie en BTSA Acse en alternance à la Bergerie nationale de Rambouillet.

Quant à Josiane Bihan, elle explique « être là pour aider la jeune femme, alors qu'avec mon mari nous sommes proches de la retraite. Nous accompagnons des jeunes depuis plus de quinze ans et c’est la deuxième fois que l’on a une apprentie. On aime former les jeunes, c’est un travail à plein temps. Ce n’est pas le cas de tous les exploitants car c’est encore souvent un parcours semé d’embûches. Ce milieu reste très masculin. Il y a huit ans, il y avait des messieurs qui s’arrêtaient juste pour voir si le boulot était bien fait. Aujourd’hui ça nous fait rire. Il faut que les femmes se lancent, prennent leur place et qu’elles se fassent respecter. J’étais autrefois assistante maternelle tout en étant dans le secteur agricole, plus ma vie de femme à la maison. Maintenant je suis à 100 % dans l’agriculture et adjointe à la mairie ».

« Quand j’ai commencé mes recherches d’apprentissage, j’ai fait beaucoup de candidatures pour peu de retours. Je me suis beaucoup questionnée pour savoir si je devais continuer. J’ai mis cinq mois avant de trouver cette exploitation qu’on m’a finalement recommandée. J’ai persévéré car je savais que c’était ce que je voulais faire. Chaque jour, on apprend, on découvre. Le fait d’être sur le terrain, ça permet de mieux comprendre ce que l’on voit en cours, on est dans le pratique et moi ça me parle. Ça me plaît », raconte Thifaine Huette. Des propos appuyés par sa maître d'apprentissage : « En effet, de nombreux exploitants ne veulent pas d’apprenti parce que c’est compliqué, et une femme en plus… C’est un pari que nous avons fait. Avec mon mari, nous étions convaincus que ça se passerait bien. En fait, on se rend compte qu’elles ont envie de découvrir, de bien faire, d’aider. En plus, il y a une forme de maturité professionnelle chez Thifaine. Son projet est réfléchi. Il faut lui faire confiance, il n’y a pas de différence entre un homme ou une femme ».

 

Corinne Heusèle : « Faire connaître le meilleur visage de l’agriculture »

Exploitante agricole à Giremoutiers (Seine-et-Marne) aux côtés de son époux en polyculture avec une diversification de pommes à cidre, Corinne Heusèle est impliquée au sein de la MSA Île-de-France depuis de nombreuses années. Elle témoigne.

« Je suis arrivée dans le milieu rural il y a trente-six ans. Ce fut comme un choc de découvrir le milieu rural et l’agriculture. Par rapport à ce regard sur l’agriculture, j’ai voulu la présenter, la vulgariser et la faire découvrir aux gens qui m’entourent, tant à la MSA Île-de-France qu’au sein d’une Marpa (Maison d'accueil rural pour personnes âgées), pour présenter la réalité du terrain, tant à la ferme qu’en dehors comme dans les associations dans lesquelles je rencontre des ruraux et pas uniquement des agriculteurs. C’est ce lien entre les populations que j’essaie de construire.

Je suis sur la ferme et j’ai des activités à la MSA, à Planète chanvre où je me suis occupée de la communication pendant cinq-six ans. Je suis également maman de trois enfants et j’ai cinq petits-enfants.

C’est d’ailleurs très compliqué de pouvoir tout mener de front. Au début, je n’avais pas d’autre activité que la ferme et je m’occupais en même temps de mes enfants. C’est peut-être d’ailleurs encore plus compliqué aujourd’hui même si les femmes agricultrices sont aidées et s’organisent autrement. C’était une richesse pour mes enfants de pouvoir voir la nature et de la découvrir. Et puis, il y a toujours quelque chose à voir, à faire et de l’inattendu dans une journée.

Aux agricultrices je leur dirais ''Regardez ce qui se fait autour de vous, soyez ambitieuses''.

Les femmes savent où elles doivent aller, elles se mettent une pression supplémentaire pour réussir. Aujourd’hui, on assiste plus à des vies de couple à la ferme avec chacun une activité bien spécifique. Il y a une forme de complémentarité qui forme un tout. Par contre ce n’est pas facile de travailler ensemble car le sujet qui a pollué la journée est encore là le soir à table et on ne fait pas facilement la coupure. Il faut apprendre à décrocher mais comme on est sur le lieu de l’exploitation, on ne fait jamais de réelle coupure ».

 

Les portraits au complet sont à retrouver sur iledefrance.msa.fr

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