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Portrait
Jurgen Katzengruber, styliste à réaction 

Dans son atelier de Savigny-sur-Braye (Loir-et-Cher), Jurgen Katzengruber fabrique des vêtements pour homme. Ses créations sont extravagantes mais sans tomber dans le déguisement ! 

«Je suis styliste, déclare Jurgen Katzengruber, installé à Savigny-sur-Braye (Loir-et-Cher). J’ai une conception artistique et pratique de mon métier ».

Notre interlocuteur fabrique des vêtements pour hommes. « Enfant, j’ai été fasciné par le travail de ma grand-mère et de ma mère à la machine à coudre. Elles fabriquaient des vêtements pour la famille. Pour moi, c’est un vrai patrimoine », dit-il. 

L’artisan livre un regard sans concession sur la mode masculine : « Tout le monde était habillé en gris ou en noir. Or je trouvais cela laid ! ».

Jurgen Katzengruber poursuit : « La construction d’un patron de vêtement pour homme diffère de celle d’un vêtement pour femme. Les uns et les autres ont une morphologie et des mensurations spécifiques. Les pinces donnent des courbes aux vêtements pour femme. Les vêtements pour homme ont des formes plus carrées ».

Lors de sa formation à Vienne (Autriche), Jurgen Katzengruber a reçu un enseignement de Vivienne Westwood, créatrice londonienne. « Passionnée par l’histoire du costume, elle a un impact énorme sur la mode », explique notre interlocuteur.

D’ajouter : « Pierre Berger ou Yves Saint-Laurent possèdent une grande culture générale. Or j’aime me rendre dans les musées. Je lis également beaucoup et je visite des châteaux. Rien qu’en se concentrant sur la France et l’Union européenne, c’est une source d’inspiration énorme. On peut aussi s’intéresser à des populations anciennes. Par exemple, les Aborigènes du musée du Quai-Branly ». 

Jurgen Katzengruber apprécie les tons naturels, le bleu mais aussi les couleurs plus franches. L’artisan indique : « La personne qui achète un vêtement veut un produit fabriqué à la main et qui sorte de l’ordinaire. Les vêtements sont des produits de consommation de masse. Ils manquent de dimension personnelle. De forme extravagante, ceux que je fabrique ont pour objectif de provoquer une réaction. Historiquement, l’homme s’est habillé de manière plus excentrique que la femme. Au XIXe siècle, en lien avec le développement de l’industrie, les hommes se sont uniformisés et on a créé les femmes-bijoux ».

Le styliste savignard poursuit : « Aujourd’hui, on paye pour une marque et non pour un vêtement. Je suis assez critique sur la notion de luxe français. Un artisan d’art fabrique un produit qui se distingue des autres. J’essaie de ne pas déguiser les gens. Il faut intégrer ses vêtements dans sa garde-robe. Si on a un coup de cœur, on peut les porter tous les jours ».

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