Faune
La chauve-souris alliée des campagnes
Différentes espèces de chauves-souris sont utiles à l’agriculture de nos régions, officiant comme auxiliaires pour les plantes et favorisant la biodiversité.
Différentes espèces de chauves-souris sont utiles à l’agriculture de nos régions, officiant comme auxiliaires pour les plantes et favorisant la biodiversité.
Souvent mal aimées car méconnues, les chauves-souris jouent pourtant un rôle essentiel dans les paysages agricoles français. À l’occasion des Rencontres nationales Chauves-souris, qui se sont déroulées fin mars à Bourges (Cher), les spécialistes ont rappelé combien ces petits mammifères nocturnes sont précieux pour les agriculteurs.
En France, une trentaine d’espèces de chiroptères cohabitent avec les activités humaines. Ces petites bêtes participent activement à la régulation des ravageurs. En effet, pipistrelles et oreillards — reconnaissable à ses grandes oreilles — consomment chaque nuit une grande quantité d’insectes nuisibles pour les cultures, comme le papillon cochylis, redouté dans les vignobles.
Les chauves-souris françaises sont de petite taille. La pipistrelle commune, par exemple, mesure à peine 3 à 4 cm et pèse moins de 10 grammes. Nocturnes et insectivores, elles chassent en volant grâce à l’écholocation, et peuvent parcourir plusieurs kilomètres chaque nuit à la recherche de leur nourriture. Leur longévité dépasse souvent dix ans, certaines vivant jusqu’à vingt ans. Les populations sont toutefois fragiles, elles dépendent de la disponibilité des gîtes et de la qualité des habitats, et sont sensibles aux perturbations humaines et climatiques.
Nichoirs, haies, greniers...
Dans le Sancerrois notamment, des viticulteurs ont installé des nichoirs en lisière de haies ou sur des cabanons. Résultat, les chauves-souris s’y installent et contribuent à limiter naturellement les vers de la grappe. Une aide précieuse qui réduit le recours aux traitements et favorise la biodiversité.
Ces espèces s’adaptent à de nombreux milieux agricoles : bocages, prairies, vignes ou encore zones humides. Certaines, comme les petits rhinolophes, affectionnent particulièrement les paysages riches en haies. D’autres trouvent refuge dans les bâtiments anciens, greniers ou cavités d’arbres, indispensables à leur cycle de vie.
Pour mieux comprendre et protéger ces alliées, un Plan national d’actions chiroptères a été lancé en 2016. Son objectif : étudier l’impact des pratiques agricoles sur les chauves-souris et valoriser leur rôle d’auxiliaires de culture. Les recherches permettent aussi d’anticiper les effets du changement climatique, qui pourrait perturber leur hibernation et leur reproduction.
Au-delà de la recherche, la sensibilisation des agriculteurs est essentielle. Le Plan national d’actions accompagne les exploitants dans la préservation des habitats et l’installation de gîtes adaptés. Des formations et conseils pratiques permettent d’intégrer les chauves-souris dans les stratégies agricoles, montrant qu’elles ne sont pas seulement des curiosités nocturnes, mais qu’elles peuvent être de véritables partenaires.