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La coopérative de Boisseaux bascule en CRC

Cette année, 80 % du blé de force produit par la coopérative de Boisseaux sera estampillé CRC : cette culture raisonnée et contrôlée répond à une attente sociétale.

Arnaud Huteau, à gauche, et Xavier Thirouin.

«Nous produisons du blé de force depuis 1990 et celui-ci a été certifié assurance qualité en 1995 » expliquent Arnaud Huteau et Xavier Thirouin, respectivement président et directeur de la coopérative de Boisseaux.

70 producteurs pour la nouvelle campagne
La première entité à obtenir cette distinction fut la coopérative de Sens (Yonne) et celle du Loiret la rejoignit quelque temps après, faisant de celle-ci, en 2000, un membre fondateur du Groupement d'intérêt économique filière CRC (Cultures raisonnées contrôlées).
À l'époque, seuls dix producteurs étaient engagés. En 2018, on en comptait une quarantaine et ils seront soixante-dix pour la nouvelle campagne. L'évolution des surfaces et de la production est au diapason : 640 ha en 2011 (4 500 t), 1 800 ha en 2018 (12 600 t) et 2 600 ha en 2019 (20 000 t attendues). « La demande augmente car des industriels sont dans la démarche. » C'est le cas de McDonald's. « Le cahier des charges est très strict et l'agriculteur est le premier concerné. La coopérative assure l'accompagnement technique et offre les débouchés. » Quid de la séparation de la vente et du conseil pour les traitements phytopharmaceutiques ? « Si le conseiller extérieur ne connaît pas bien le cahier des charges, le produit risque d'être déclassé. Cela oblige à être proche des agriculteurs. Mais ces derniers doivent être motivés et la prime (vingt euros la tonne, dont quinze euros pour le producteur et cinq euros pour la coopérative, ndlr) ne doit pas être la seule motivation ! »

Promouvoir les services de la coopérative
La traçabilité est l'une des clés du cahier des charges. « Les adhérents sont sensibles à la manière dont leurs produits sont utilisés : on sait d'où vient le blé qu'on trouve dans le pain vendu dans les boulangeries de Pithiviers » commentent les deux dirigeants de la coopérative. Qui ajoutent : « Le blé CRC cohabite avec le blé normal : à partir d'un certain seuil, il faut basculer du bon côté. » Ainsi, en 2019, 80 % du blé de force produit par les adhérents sera estampillé CRC. « L'enjeu : promouvoir la qualité des produits et les services de la coopérative dans la défense équitable de ses adhérents et de leur revenu. En outre, la démarche répond à une attente sociétale. » L'accompagnement technique des agriculteurs repose sur le système de suivi Atland. « Nous projetons de construire des silos avec un système de refroidissement afin de ne pas avoir d'insecte. » Jusqu'à présent, le blé CRC était stocké chez les agriculteurs. En 2019, la coopérative élargira le spectre aux adhérents livrant en moisson.

Des interventions rapides dans les parcelles
Pour Arnaud Huteau et Xavier Thirouin, le blé CRC est « une culture raisonnée et contrôlée » :
la coopérative audite les agriculteurs. Un organisme indépendant procède également
à des audits et un plan de surveillance est mis en place : absence de résidus, de métaux lourds, de produits radioactifs, etc. « Le territoire de la coopérative favorise le blé de force : le sous-sol calcaire facilite le drainage. D'où des interventions rapides dans les parcelles. Par ailleurs, le climat chaud et sec au printemps permet d'obtenir des taux de protéines élevés et de récolter dans de bonnes conditions. »
Le duo ajoute : « La taille de la coopérative favorise la production de blé CRC. Un seul point de collecte avec une centaine de silos : cela permet de faire des cellules dédiées. » La coopérative vend cinq variétés de blé de force CRC. « Pour nos assemblages, nous connaissons les caractéristiques de la production de chaque agriculteur : nous faisons venir le lot en fonction de nos besoins car le client exige une qualité constante toute l'année et les adhérents jouent le jeu. »

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