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La Cuma du Soleil en bons thermes avec les agriculteurs hongrois

Pour son trentième anniversaire, la Cuma du Soleil organisait un voyage en pays magyar. Découverte.

Une délégation de trente-quatre personnes composée d’adhérents de la Cuma et de leurs conjoints.
Une délégation de trente-quatre personnes composée d’adhérents de la Cuma et de leurs conjoints.
© (Photo : Cuma du Soleil)

Du 7 au 10 novembre derniers, une délégation de trente-quatre personnes composée d’adhérents de la Cuma du Soleil et de leurs conjoints s’est rendue en Hongrie. Commentaire de Nicolas Wambergue, le président de l’entité : «Tous les dix ans, nous organisons un voyage en France et, pour les trente ans de notre Cuma, nous voulions marquer le coup en nous rendant à l’étranger. Ce n’était pas non plus très loin : deux heures de vol.»

Le voyage revêtait une approche culturelle et agricole. «La ville de Budapest vaut par son histoire. On sent un peuple qui a été chamboulé : il y a eu la période austro-hongroise, le nazisme et la domination soviétique. Le pays était pris entre deux feux. Il existe encore des impacts de balles sur certains mûrs.» L’esthétisme des bâtiments, symbole de l’art nouveau (XIXe siècle), a marqué le président de la coopérative : «Cela correspond à une période faste. Quand on s’éloigne de la capitale, on découvre des villages baroques : un style Saint-André très présent dans les édifices religieux.» La délégation loirétaine a visité les thermes, caractéristiques de la Hongrie. Une activité liée à la présence de sources d’eau chaude grâce auxquelles les gens peuvent se baigner, même en hiver. Des eaux utilisées pour les soins.

«Un lieu esthétique et populaire dont l’architecture est soignée.» Toutefois, Nicolas Wambergue reste lucide : «Nous avons vu le bon côté des choses. Or, là-bas, le Smic est à 250 € par mois : pour une partie de la population, les conditions de vie sont difficiles car les biens de consommation sont à des prix comparables à ceux pratiqués en France, notamment l’essence.»

La visite d’une ferme équestre figurait au programme du séjour. Un établissement dont les propriétaires sont champions du monde d’attelage à deux : les Français ont assisté à des démonstrations de haut niveau ! «Il y a des plaines avec des troupeaux de chevaux, signe d’une véritable activité économique du pays. Nous avons été épatés par le niveau de maîtrise que les Hongrois parviennent à obtenir.»

De gros besoins en investissements

Autre étape : un centre effectuant de la recherche génétique sur le blé et le maïs. L’établissement fait de la création variétale : les critères de sélection sont la résistance au gel et à la sécheresse, deux caractéristiques d’un climat continental. En blé, les rendements sont d’une cinquantaine de quintaux par hectare contre environ soixante-dix en France. Le taux de protéines n’est pas un critère de qualité et la production est assez peu irriguée.
«Les investissements seraient trop importants» explique Nicolas Wambergue, même si l’État accorde des aides.

Le centre de recherche commercialise une partie de ses semences : il exerce donc à la fois une action publique et une action privée. En France, les instituts techniques n’effectuent aucune démarche commerciale. Notons une présence étrangère, telle Limagrain, sur d’anciennes fermes d’État. Il y a également une redistribution de parcelles d’une quinzaine d’hectares pour des cultures vivrières afin «d’éviter la misère sociale» explique Thierry Rondeau, adhérent de la Cuma du Soleil. Ce dernier, également président de la Fédération des Cuma du Loiret, fait cette analyse : «Le mouvement Cuma est assez peu présent en Hongrie car ce sont de grosses structures issues de l’époque communiste et on ne sait pas très bien qui dirige ces grandes exploitations !»

Pourtant, le modèle y aurait sa place : «C’est un outil de travail qui pourrait faire progresser l’agriculture hongroise. Il existe de gros besoins en investissements et ce serait étonnant que les petites exploitations aient les moyens de se développer : le système coopératif aiderait à maintenir un tissu rural.»

«Les informations qu’on nous donne sont toujours un peu verrouillées mais on sent un pays qui démarre et les Hongrois sont pro-Européens» déclare Nicolas Wambergue. Le président de la coopérative ajoute : «Ce que nous avons vu de l’agriculture nous donne envie d’aller plus loin : pourquoi ne pas créer des liens avec nos confrères hongrois ?» Cela pourrait se traduire par des rencontres et des échanges.

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