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La Fédération départementale des chasseurs d'Eure-et-Loir fête ses 100 ans

La Fédération départementale des chasseurs d'Eure-et-Loir a célébré ses 100 ans lors de son assemblée générale annuelle le 10 avril, dans une grande salle du cinéma Les Enfants du Paradis à Chartres.

La Fédération départementale des chasseurs d'Eure-et-Loir investit une grande salle du cinéma Les Enfants du Paradis à Chartres le 10 avril, pour célébrer comme il se doit ses 100 premières années d'existence.

Chasseurs gestionnaires

« Au cours de ces années, la fédération a su se réformer, s'adapter aux attentes sociétales et se moderniser, souligne son président Jean-Paul Moktar dans son rapport moral. La chasse des années vingt du siècle dernier n'est plus celle d'aujourd'hui. Les chasseurs cueilleurs sont devenus des chasseurs gestionnaires ».

Une gestion que le rapport d'activité de la fédération, diffusé un peu plus tôt sur l'écran géant de la salle, déroule espèce par espèce. Il fait ainsi le décompte des prélèvements en regard des attributions. Il révèle aussi quelques inquiétudes pour certaines d'entre elles, à commencer par la perdrix grise, espèce emblématique de la plaine, dont il semble difficile de maintenir des effectifs suffisants en dépit d'efforts soutenus depuis de nombreuses années. Pour la fédération : « sans restauration durable des milieux et sans création de zones refuges, ces efforts peinent à produire des effets pérennes ».

Par ailleurs, la Fédération eurélienne des chasseurs, avec celle du Cher, a diligenté une enquête auprès de ses adhérents. Fait notable, sur les 9 600 chasseurs recensés en Eure-et-Loir, 2 550 y ont répondu. « Parmi ces résultats, celui qui me parle le plus concerne l'attrait de cette chasse au petit gibier avec une attente forte en matière de chasse avec son chien pour une quête de petit gibier naturel », relève Jean-Paul Moktar qui la considère comme « garante d'une chasse populaire et accessible ».

Accompagnement fédéral

Aussi, la Fédération des chasseurs, à travers ses commissions fédérales, compte se mobiliser autour de trois thématiques essentielles de la gestion de la petite faune. La mise en place d'aménagements agroécologiques constitue une priorité : « pour laquelle nous devons optimiser notre accompagnement technique et, dans la mesure du possible, notre accompagnement financier. Nous allons simplifier les procédures de contractualisation avec la fédération, nous allons proposer de nouveaux aménagements adaptés aux pratiques actuelles de l'agriculture », annonce le président.

Concernant la gestion de la poule faisane, Jean-Paul Moktar rappelle que « la politique de restriction n'était pas celle souhaitée par la fédération qui prônait le non-tir de la poule. Vous le savez, le schéma départemental de gestion cynégétique résulte de discussions avec nos partenaires agricoles, forestiers et propriétaires. Le bracelet de poule est le fruit de concessions de notre part ». L'ambition de la fédération est de permettre le développement de populations naturelles : « nous devons donc revoir notre copie en gardant pour objectif le bien commun et l'intérêt général ».

À bout de souffle

Sur le sujet des dégâts de grand gibier, qui cristallise les relations entre la chasse et l'agriculture, Jean-Paul Moktar ne comprend pas la coupe budgétaire de 10 millions d'euros décidée par l'État alors que pour sa part la fédération a rempli le contrat : baisse des surfaces détruites de 30 % et assouplissement des modalités de chasse du sanglier. Il considère subir le coût additionnel de petits dossiers sans en avoir la compensation financière : « Cela n'est pas acceptable, lâche-t-il. Quoi qu'il en soit, notre système d'indemnisation est à bout de souffle ».

Selon lui : « Seule une réforme structurelle permettra de garantir la pérennité du principe d'indemnisation des agriculteurs. Les seuls chasseurs ne peuvent plus payer pour les territoires qui refusent toute action de chasse, qu'ils soient publics ou privés. Il faut la mise en place d'un système assurantiel qui garantit le partage de la responsabilité et de l'indemnisation entre les chasseurs, le monde agricole, l'État et les collectivités », préconise-t-il.

Sur ces dégâts, le rapport d'activité pointe que la récolte 2025 s'est soldée par une baisse significative des surfaces détruites sur l'ensemble du département. Les dégâts de cerf régressent fortement à 208 hectares détruits tandis que les dégâts de sanglier diminuent à 317 hectares. Le montant des indemnisations versées aux agriculteurs suit cette même tendance.

Réguler les Esod

Concernant les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (Esod), Jean-Paul Moktar évoque le fait que l'enquête a révélé que « les chasseurs interrogés, notamment les plus jeunes, souhaitent et sont prêts à s'investir en temps pour chasser le pigeon ramier, le renard et les corvidés ». Il invite donc les détenteurs de droits de chasse à ouvrir la porte de leurs territoires : « donnez l'occasion à ces nouveaux chasseurs de pratiquer ces chasses indispensables à la régulation de ces espèces », plaide-t-il.

Enfin, Jean-Paul Moktar clos son discours sur un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : la vénerie sous terre. De fait, le tribunal administratif d'Orléans annule depuis trois ans l'arrêté autorisant la période complémentaire de chasse du blaireau : « Ne soyons pas dupes, ce n'est pas cette période qui est attaquée mais bel et bien un mode de chasse légal dont l'éthique est indiscutable ». De nouvelles modalités de l'arrêté sont proposées au préfet, qui assiste à ces travaux, concernant le zonage et un quota, dans l'espoir qu'il ne soit pas retoqué à l'instar de la décision prise par le tribunal administratif pour le Cher…

Dîner d'anniversaire

Pour marquer ce centenaire, la Fédération des chasseurs organise à l'issue de ces travaux un dîner de gala à l'hôtel de ville de Chartres, présidé par le président du Sénat, Gérard Larcher.

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