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Lin
La filière lin oléagineux recrute en Eure-et-Loir

Rencontre avec Luc Rougeaux, producteur de lin graine à Yèvres, ambassadeur Bleu-Blanc-Cœur et vice-président de l'association Graine de lin 28 pour faire le point sur cette filière en Eure-et-Loir.

Luc Rougeaux

Depuis une vingtaine d'années, la filière lin graine est particulièrement bien structurée en Eure-et-Loir. À l'initiative du président de la chambre d'Agriculture et inlassable promoteur de la diversification, Philippe Lirochon, était créée en 2006 l'association Graine de lin 28, épaulée par une conseillère de l'organisme consulaire, aujourd'hui, Aude Pontonnier.

Nous avons rencontré le vice-président de l'association, producteur de lin à Yèvres et ambassadeur de la marque Bleu-Blanc-Cœur, Luc Rougeaux, pour faire le point avec lui sur cette filière.

« Nous constatons une stabilisation des surfaces dans le département. L'association compte une soixantaine d'adhérents pour environ un millier d'hectares contractualisés », relève-t-il.

Selon lui, la hausse actuelle du prix des céréales ne constitue pas un frein à la production de lin oléagineux : « Pour produire du blé, il faut une tête d'assolement et le lin vient compléter le panel, estime Luc Rougeaux. Le maïs est très aléatoire en non irrigué. Pour sa part, le colza demande de plus en plus d'interventions et l'on va vers des difficultés croissantes ».

De plus, par rapport au colza, le lin se sème plus tard : « En colza cette année, certains n'ont pas eu d'eau après le semis. Le lin d'hiver se sème fin septembre, on a plus de chance d'avoir de la pluie et donc une bonne levée. D'ailleurs, il faut que la plante soit bien levée pour résister à l'hiver, elle reste assez sensible aux grands froids mais il y a peu de risques par ici. Quant au lin de printemps, son intérêt est de casser le cycle des mauvaises herbes. Il pousse très rapidement ».

Comme d'autres, le lin d'hiver souffre de la baisse du nombre de produits de désherbage autorisés. Des essais sont menés sur la faisabilité de développer une filière bio. En Eure-et-Loir, la production de lin graine est bien encadrée.

C'est la société Valorex qui propose les contrats de surfaces : « Le lin permet une rémunération correcte, souligne le producteur. Valorex fournit une fourchette de prix, on sait où on va. Le lin fait partie de mes meilleures marges brutes. Cette année a été assez exceptionnelle en lin d'hiver avec une qualité oméga-3 très bonne. C'est valorisé 20 à 30 euros supplémentaires par tonne. Ce qui permet une rentabilité supérieure au colza, sans les problèmes… ».

Pour chapeauter toute cette filière, il y a l'association Bleu-Blanc-Cœur : « Et elle est très active, constate Luc Rougeaux. La notoriété de la marque est en constante progression, de plus en plus de gens connaissent. C'est rassurant de voir que la filière tient la route. Ça permet de sécuriser la demande en oméga-3. Il y a une vision globale de diversité qui va dans le bon sens et c'est une agriculture à vocation santé. L'importance du groupe ici a permis de renforcer la rentabilité de la graine. Nous avons apporté notre pierre à l'édifice ».

Selon Luc Rougeaux : « Il y a de la place pour de nouveaux producteurs en Eure-et-Loir. C'est une culture qui doit être menée de façon particulière. La récolte fait toujours un peu peur au début mais c'est une question d'habitude. Il faut juste être patient sur la maturité. Si on choisit le bon moment, c'est sans problème. Quant à la gestion de la paille, avant, nous avions le droit de brûler, aujourd'hui, nous avons un acheteur de paille régulier lié au groupement. »

Il poursuit : « C'est la société Oléofibre qui la ramasse pour faire de la pâte à papier. Le problème est réglé. Sinon, la culture est peu gourmande en intrants, l'irrigation peut apporter un plus de rendement. Le besoin en azote est trois fois inférieur à celui du colza. Et puis le groupe apporte son soutien, et au niveau technique, il y a la Chambre ».

+ d'infos

Pour se lancer dans la culture, contacter l'association Graine de lin 28 à la chambre d'Agriculture - Aude Pontonnier au 02.37.24.45.51.

 

 

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