La FNSEA 41 souffle ses 80 bougies durant son assemblée générale
La FNSEA Loir-et-Cher a fêté ses 80 ans de vie syndicale lors de son assemblée générale vendredi 6 mars à Blois. D'anciens élus étaient présents pour retracer le parcours du syndicat départemental et définir ensemble son avenir.
La FNSEA Loir-et-Cher a fêté ses 80 ans de vie syndicale lors de son assemblée générale vendredi 6 mars à Blois. D'anciens élus étaient présents pour retracer le parcours du syndicat départemental et définir ensemble son avenir.
Déjà 80 ans. « Quatre-vingts années d’engagement collectif. Quatre-vingts années de combats menés pour défendre notre métier. Quatre-vingts années de victoires obtenues, parfois discrètes mais souvent essentielles. Durant toutes ces années, les agriculteurs de notre département ont su se rassembler pour défendre leur profession, leur outil de travail et l’avenir de leurs territoires », a martelé Olivier Hardouin, président de la FNSEA 41, durant son discours lors de l’assemblée générale du syndicat, vendredi 6 mars au Crédit agricole de Blois.
80 ans d’engagement syndical
Une assemblée qui a donc été à la fois tournée vers le travail mené depuis 80 ans mais aussi vers l’actualité du moment. Une actualité compliquée avec des hausses de l’énergie dues au contexte géopolitique actuel. « Je veux bien qu’on parle de géopolitique, mais avoir des hausses aussi brutales, ce n’est pas normal. Certains se font de l’argent sur le dos des agriculteurs », a assumé un membre durant l’assemblée générale. Jean-Michel Schaeffer, administrateur de la FNSEA, a réaffirmé auprès des agriculteurs que le syndicat s’occupait de ce sujet : « La FNSEA s’est déjà mise en contact avec les ministères concernés. Le syndicat s’en occupe et est plus que jamais sur le dossier ». Pour sa part, Olivier Hardouin a rappelé que la FNSEA 41 restait présente pour les agriculteurs du territoire : « Nous sommes là pour faire remonter les informations. Il y a des hausses exponentielles paraissant abusives. Ce sera au niveau national qu’il va falloir agir ».
Comme le veut la tradition, c’est Fabien Bourgueil, président des Jeunes agriculteurs de Loir-et-Cher, qui a ouvert l’assemblée générale ouverte au public par ces mots : « Ensemble avec la FNSEA 41, on continuera à travailler les dossiers, à faire remonter vos demandes et à aller discuter avec l’administration. On continuera à vous défendre, à défendre ce métier, à se battre pour vous. C’est à cela que sert le syndicalisme ».
80 ans de combats et de victoires
Un syndicalisme qui a été retracé par deux anciens élus et un actuel durant une table ronde animée par Marion Leroux, responsable syndicale de la FNSEA 41. Pendant plus d’une heure, Guy Vasseur, ancien vice-président, Philippe Noyau, ancien président, et Bertrand Menon, actuel membre du syndicat, ont évoqué leur engagement au sein du syndicat et rappelé l’importance de s’y investir. « Je me suis engagé d’abord chez les jeunes, puis j’ai rejoint le syndicat pour travailler sur les dossiers. Je suis passé par la présidence du syndicat et de la chambre d’Agriculture départementale et régionale. J’ai pu m’investir et m’engager pour l’agriculture de notre territoire et travailler sur des sujets importants », a rembobiné Philippe Noyau.
Pour un engagement qui puisse perdurer dans l’avenir, Guy Vasseur, riche de son expérience, a proposé « d’avoir une réflexion locale et de rappeler la nécessité de construire ensemble, pas simplement revendiquer ou contester, mais construire ». Pour sa part, Bertrand Menon, administrateur de la FOP (Fédération française des producteurs d'oléagineux et de protéagineux), a aussi tenu à rappeler l’importance du syndicat pour la structuration des filières agricoles en France, dont celle des oléoprotéagineux.
80 ans de structuration des filières
Chaque filière a été longuement abordée durant les comptes-rendus des commissions. Toutefois, l'une d'elles a été particulièrement mise en avant par Jean-Michel Schaeffer, administrateur FNSEA et président de la Confédération française de l’aviculture. Il a insisté sur une demande augmentant d’année en année et une offre trop faible : « La consommation de volaille en France a augmenté de 25 % en cinq ans, soit 1 kg de volaille de plus consommé par personne et par an. Nous avons établi un plan permettant de répondre à cette demande et il nous faudrait 2 200 bâtiments de volailles standards de plus, soit 220 bâtiments construits tous les ans », a assuré Jean-Michel Schaeffer avant de rappeler la nécessité d’être soutenu dans cette démarche : « Nous avons besoin de politiques qui nous soutiennent et nous aident à développer encore davantage notre filière. Il faut que nous produisions davantage et que l’on sécurise les porteurs de projets ».
80 ans encore demain
Pour conclure l’assemblée générale, le préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet, était présent, ainsi que de nombreux élus locaux, dont Marc Fesneau et Christophe Marion, tous deux députés du département. Le représentant de l’État a rappelé la nécessité de revoir le modèle agricole dans les zones intermédiaires : « Les modèles en grandes cultures dans les zones intermédiaires sont à bout de souffle, avec des coûts d’intrants ainsi que des marchés mondiaux trop instables pour garantir des revenus décents ». Et de préciser : « Il faut que les chefs d’exploitation deviennent des chefs d’entreprise et qu’ils raisonnent davantage en marge qu’en rendement ».
Joseph Zimet a également tenu à garantir le soutien des services préfectoraux dans le département pour continuer un travail conjoint sur les sujets importants. Comme l’a rappelé Olivier Hardouin durant l’assemblée générale : « Nous avons derrière nous quatre-vingts années d’engagement, de solidarité et de combats. Notre responsabilité aujourd’hui est de préparer les quatre-vingts prochaines années ».
Une nouvelle mandature dans la continuité pour la FNSEA 41
À la suite d’un conseil d’administration électif qui s'est tenu lundi 9 mars, la FNSEA 41 a élu son nouveau bureau. Olivier Hardouin, président du syndicat agricole, repart pour un mandat de trois ans.
Petite nouveauté au sein du poste de secrétaire général qui sera occupé non pas par une personne mais par deux. François Germain a décidé de repartir pour un nouveau mandat de secrétaire général en binôme avec Valérie Leclerc, agricultrice à Santenay.
La nouvelle mandature de la FNSEA 41 se dit prête à affronter les défis territoriaux du monde agricole qui se dresse devant eux, dont l’accès à l’eau, la hausse des énergies ou encore le fait de garantir un revenu décent pour chaque agriculteur du territoire.