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Syndicalisme
En assemblée générale, la FNSEA CVL alerte sur une situation agricole critique

Réunis en assemblée générale à Orléans (Loiret) mardi 21 avril, les responsables de la FNSEA Centre-Val de Loire ont dressé un constat préoccupant de la situation agricole. Réélu président, Nicolas Sterlin évoque une crise « structurelle ».

Mardi 21 avril, à Orléans. Une banderole « Région Centre : bientôt désert agricole ? » a été affichée lors de l’assemblée générale de la FNSEA Centre-Val de Loire.
Mardi 21 avril, à Orléans. Une banderole « Région Centre : bientôt désert agricole ? » a été affichée lors de l’assemblée générale de la FNSEA Centre-Val de Loire.
© F.J. - Horizons

À l’occasion de l’assemblée générale de la FNSEA Centre-Val de Loire, organisée à Orléans mardi 21 avril, Nicolas Sterlin a été réélu à la présidence. Dans son discours, il a dressé un état des lieux jugé particulièrement préoccupant. « C’est un euphémisme de dire que l’agriculture de la région Centre-Val de Loire va mal », indique-t-il. Il évoque « trois années de revenus négatifs pour les cultures céréalières », des « exploitations en rouge » et des « trésoreries exsangues ».

Des chiffres viennent appuyer ce constat. « En 2023, le revenu moyen des agriculteurs des départements de Loir-et-Cher, Indre et Indre-et-Loire s’établit à 12 000 euros. Pour 2024, c’est à nouveau 12 000 euros. » Dans les systèmes de polyculture-­élevage, « le revenu déclaré s’établit à 7 816 euros pour 2023, 7 355 euros pour 2024 ». Le président régional interroge : « Comment fait-on pour vivre avec 600 euros par mois ? ». Il poursuit : « Comment fait-on pour continuer à se lever le matin et aller travailler quand on sait qu’il n’y aura rien au bout ? ». Selon lui, la situation s’inscrit dans la durée : « La crise que l’on pensait passagère est là, durable. La crise que l’on pensait conjoncturelle est structurelle ».

Des attentes vis-à-vis des pouvoirs publics

Dans ce contexte, Nicolas Sterlin appelle à des mesures concrètes. Il insiste notamment sur la création de valeur : « Nous avons besoin de créer de la valeur ajoutée, d’implanter des outils de transformation pour maintenir l’agriculture sur notre territoire ». Il évoque également un besoin d’accompagnement financier : « Nous avons besoin de soutien pour réorienter nos cultures, nos productions ». Le président de la FNSEA met en garde contre une orientation unique des politiques agricoles. « Pas uniquement et exclusivement sur un modèle bio », indique-t-il, estimant que « le bio n’est pas la seule source de sortie de la crise actuelle ». Par ailleurs, il souligne l’importance de la ressource en eau : « Nous avons besoin avant tout d’eau. C’est une condition essentielle au maintien de l’agriculture dans notre région ». Il appelle enfin à une évolution du cadre réglementaire : « Nous avons besoin de simplification » et « de faire appliquer la loi d’orientation ».

Une « crise de survie » pour les jeunes

Le constat est partagé par les Jeunes agriculteurs. Leur président régional, Clément Carteron, évoque une situation « dramatique, au sens propre du terme ». « Nous ne sommes plus dans l’ajustement comptable, nous sommes dans une crise de survie », affirme-t-il. Il souligne les difficultés rencontrées sur le terrain : « Beaucoup de nos collègues n’ont plus de visibilité à six mois. Les trésoreries sont à bout de souffle ». Les mobilisations récentes sont présentées comme révélatrices de cette situation. Elles ont été « un besoin vital » pour « continuer à produire en France ». Clément Carteron insiste également sur la nécessité d’une action rapide. « Nous attendons des actes forts », avec « une accélération sur la simplification » et « des mesures concrètes pour redonner de la rentabilité à nos fermes ».

Un binôme FNSEA-JA revendiqué

Le président des JA met en avant le rôle du travail commun avec la FNSEA : « Ce binôme, lorsqu’il fonctionne, reste notre atout le plus précieux ». « Il n’y a pas de Jeunes agriculteurs sans la FNSEA, et vice versa », ajoute-t-il, appelant à renforcer cette complémentarité dans un contexte jugé difficile.

Voir aussi JA CVL : des contributions locales à la vision régionale

Des actions menées tout au long de l’année

Lors de cette assemblée générale, la FNSEA Centre-Val de Loire est également revenue sur les actions conduites ces derniers mois. Plusieurs mobilisations ont été organisées, notamment dans les départements à l’automne 2025, puis à l’échelle nationale et européenne. Une délégation a participé à une mobilisation à Bruxelles en décembre 2025 contre le Mercosur et la baisse du budget de la Pac. Une autre action s’est tenue à Paris en janvier dernier pour demander une « loi d’exception agricole ». Le syndicat a également engagé des échanges avec les pouvoirs publics, notamment avec la préfète de région et le conseil régional, sur les enjeux d’accès à l’eau et de soutien aux filières.

Les responsables ont alerté sur plusieurs sujets. La hausse des charges, avec des coûts de production en hausse de 30 à 45 % et une augmentation de 75 % du prix du GNR (Gazole non routier), les règles liées à la Pac, avec des impacts pouvant atteindre jusqu’à 13 000 euros par exploitation, ou encore les projets liés à la gestion de l’eau, jugés contraignants, avec des volumes « prévus à la baisse ». Enfin, un travail spécifique a été engagé sur les zones intermédiaires, avec la création d’un groupe de travail régional pour identifier les freins et les leviers d’adaptation.


Le nouveau bureau de la FNSEA CVL

Mardi 21 avril, Nicolas Sterlin a été reconduit pour les trois prochaines années à la présidence de la FNSEA Centre-Val de Loire. Il sera accompagné d'Olivier Hardouin (Loir-et-Cher), vice-président ; Julien Pointereau (Cher), vice-président ; Bertrand Petit (Eure-et-Loir), secrétaire général ; Alexandre Cerveau (Cher), secrétaire général adjoint ; Cédric Raguin (Indre-et-Loire), secrétaire général adjoint ; Benoit Perrochon (Cher), trésorier. Les membres du bureau sont les suivants : Baptiste Menon (Loiret), Sébastien Méry (Loiret), François Germain (Loir-et-Cher) et David Faucheux (Eure-et-Loir).

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