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La place du paysan dans la société expliquée au Compa

Le sociologue Bertrand Hervieu a donné, le 22 avril au Compa, une conférence sur la place singulière du paysan dans la société française.

Le 22 avril, à Chartres. Le sociologue Bertrand Hervieu a éclairé la place centrale du paysan dans la société française.
Le 22 avril, à Chartres. Le sociologue Bertrand Hervieu a éclairé la place centrale du paysan dans la société française.

Dans le cadre de son exposition La fin des paysans, le Compa a fait venir le 22 avril à Chartres, le président de l’Académie d’agriculture, Bertrand Hervieu. Devant une trentaine de personnes, le sociologue a expliqué la place singulière qu’occupe le paysan dans la société française.

Pour lui, cela remonte au XIIe siècle, au moment de la sortie des économies fermées, de la première poussée capitaliste et de la naissance des villes « dont Chartres est un bon exemple. La ville se construit en s’appuyant sur les campagnes », pointe-t-il.

Le marché s’ouvre, il y a moins de guerres, le chevalier s’efface au profit du bourgeois.

Ensuite, au début du XVIe siècle, période des grandes découvertes et de l’ouverture du monde, on constate une nouvelle poussée capitaliste qui se financiarise.

Puis apparait la première révolution industrielle. Celle-ci va se développer selon deux formes, soit sous l’égide des corporations autour de fabriques, comme en Angleterre, soit sous une forme domestique, comme en France : « La production va se faire dans les campagnes, avec une grande dispersion sur le territoire », explique-t-il.

Et à la fin du XVIIIe siècle, 85 % de la population française vit, travaille et produit dans des villes de moins de deux mille habitants. Au XIXe siècle, les concentrations industrielles ont fini par se faire, c’est la montée de la classe ouvrière.

Le contexte est compliqué, la République apparait comme très fragile et Gambetta estime que l’on est au bord de retomber dans la royauté et que si les paysans ne s’y rallient pas elle risque de s’écrouler. De leur côté, les laboureurs aspirent à bénéficier des avancées de 1789 et à devenir propriétaires.

Gambetta lie ceci à l’idée patriotique de revanche et le dispositif fonctionne. Le ministère de l’Agriculture est créé et prend en charge la modernisation des campagnes.

Dans la foulée se créent la MSA, le Crédit agricole, les coopératives : « il n’y a aucun autre pays où cela s’est produit de cette façon ».

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