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Vie syndicale
La profession demande des mesures d’urgence au préfet

Alors que la moisson s’annonce catastrophique, le préfet s’est rendu sur la ferme de Beaumarchais, aux Chapelles-Bourbon, le 2 août, pour échanger avec les responsables agricoles sur les mesures d’urgence demandées.

Les Chapelles-Bourbon, vendredi 2 août. Après des échanges au sein d'une grange, le préfet a visité le site de la ferme de Beaumarchais guidé par Brigitte Cant.
Les Chapelles-Bourbon, vendredi 2 août. Après des échanges au sein d'une grange, le préfet a visité le site de la ferme de Beaumarchais guidé par Brigitte Cant.
© L.G.-D. - Horizons

La moisson, qui s’achève péniblement en raison des conditions climatiques, s’annonce catastrophique, tant en rendement qu’en qualité. C’est dans ce contexte éprouvant que le préfet de Seine-et-Marne, Pierre Ory, s’est rendu sur l’exploitation de Brigitte Cant et Franck Sendron aux Chapelles-Bourbon à l’invitation de la FDSEA 77 et de JA 77 et à laquelle la chambre d’Agriculture était conviée. Cette rencontre s’est tenue vendredi 2 août, au lendemain des fortes précipitations orageuses qui se sont abattues sur la Seine-et-Marne et qui ont impacté le nord-est du département, accentuant encore plus les difficultés actuelles de la profession.

Sur cette exploitation de 246 hectares aux sols hydromorphes, les premiers ennuis remontent à l’automne avec l’impossibilité de réaliser certains semis. « Pour y suppléer, nous avons semé du blé de printemps au 20 avril, une première, et augmenté la sole en maïs, explique l’agricultrice qui souligne que 1690 mm sont tombés depuis le 19 octobre, auxquels s’ajoutent les 26 mm de la veille. Ici, on s’en sort mieux en conditions sèches. » Comme chez leurs confrères, la moisson n’est pas terminée et les résultats sont catastrophiques : pois non récoltables, faibles rendements en escourgeon (55 q/ha contre 80-85 habituellement), 25 q/ha pour les colzas dont l’apport d’azote n’a pu être réalisé qu’au stade des premières fleurs, et en blé à peine 60 q/ha avec un PS (poids spécifique) de 74 au début et de 68 la fin.

« Cet exemple, on peut le dupliquer partout. Précipitations, manque d’ensoleillement, grêle, on a tout cumulé », a insisté le président de la FDSEA 77, Cyrille Millard. Si la situation rappelle 2016, le contexte est différent avec des trésoreries compliquées et des banques moins à même de prêter. Bio, apiculteurs, arboriculteurs, élevages avec des fourrages de qualité médiocre, tous les secteurs sont touchés.

Face à ce tableau, les responsables professionnels ont présenté au préfet différentes mesures qui soulageraient les trésoreries des exploitations agricoles, mais également le moral dans les cours de ferme. Ainsi, si l’assurance climatique devrait se déclencher pour ceux qui y ont souscrit, le même dispositif de calcul du rendement pris en compte, basé sur la moyenne olympique, comme en 2016 est demandé, à savoir la suppression de l’année 2024 des références.

Autre demande : le refus de tout contrôle alors que les travaux n’avancent pas.

D’autre part, alors que la gestion des adventices est compliquée, les faux semis seront la règle. Une demande de dérogation automatique des Cipan serait la bienvenue pour tous. Suppression des reliquats entrée hiver inutile au regard de l’année, dégrèvement de la TFNB de 100 %, tout comme l’activation du fond national de crise européenne avec une augmentation des minimis à 50 000 euros font également partie des requêtes du syndicalisme majoritaire.

Il faut être en anticipation et donner de l'air aux agriculteurs et qu’ils se sentent entendus face à cette nouvelle crise, ont conclu les participants à cette rencontre de terrain.

Des sujets comme les gens du voyage, les dégâts de gibier, le transport des betteraves… ont également été abordés.

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