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La renationalisation de la PAC, un mauvais signal pour le projet européen

La Commission européenne vient d’adopter une communication sur l’avenir de la Politique Agricole Commune post 2020, document dont la FDSEA 45 a souhaité faire le décryptage.

© JC Gutner

La récente communication émise par la Commission européenne ouvre le temps du débat démocratique sur la Politique Agricole Commune post 2020, en pleine période d’incertitude majeure pour l’Union européenne, entre Brexit et doute sur les finances publiques.

La FNSEA partage de nombreux points du diagnostic établi par la Commission, faisant de l’Agriculture un enjeu géostratégique majeur. Dans le rapport d’orientation du Congrès de Brest, les concepts « compétitivité, résilience et durabilité » étaient d’ailleurs déjà les maîtres-mots de nos orientations sur la future PAC.

Des éléments de diagnostic que nous partageons

La Commission met en avant de nombreux éléments positifs que nous soutenons. Parmi eux, il est mentionné, la contribution majeure de l’Agriculture sur les plans économique, social et environnemental, en particulier en termes d’emplois pourvus (44 millions) et de sécurité alimentaire pour 500 millions de consommateurs européens. De plus, la commission reconnait, qu’au vu des aléas auxquels l’activité agricole est soumise (la volatilité des prix, les aléas climatiques, les catastrophes naturelles, les ravageurs et les maladies), des outils adaptés tels que l’ISR et l’assurance, ainsi que des incitations à l’épargne de précaution doivent être mis en place.

Nous retenons aussi la nécessité de simplifier la PAC et nous partageons en effet la vision d’une Agriculture performante pour laquelle l’innovation et la recherche et le développement seront cruciaux pour relever tous les défis, assurer la multi-performance des exploitations (économique, sociale, environnemental et sanitaire) dans l’ensemble des territoires ruraux, et fournir une alimentation de qualité à tous les consommateurs.

Cependant, la lecture de ce texte, loin de donner une vision européenne sur l’avenir de la principale politique commune de l’Union, nous désoriente au bon vouloir des boussoles nationales, sans apporter de garantie sur son financement.

Cofinancement du premier pilier

La Commission n’exclue pas le cofinancement des aides du 1er pilier, avec l’objectif non avoué de réduire les dépenses au niveau européen consacrées à l’Agriculture : la France ne peut pas l’accepter !

Le co-financement du 1er pilier constitue en effet un gros risque qui conduirait à une subsidiarité renforcée et donc des distorsions de concurrence entre Etats membres, contraire au principe d’une Europe qui protège. Cela aurait également pour conséquence de renforcer le clivage avec les Etats membres les moins développés.

Sur le plan économique, cela se traduira inévitablement par une diminution du budget consacré à l’Agriculture étant donné l’état des finances publiques nationales et conduirait à une restructuration massive des exploitations. Ça serait donc tourner le dos à une politique économique qui permet aussi de donner des réponses aux territoires ruraux en termes d’emplois, de relever les défis environnementaux (lutte contre le changement climatique) et sociétaux. Ce serait alors la fin de la seule politique vraiment intégrée de l’Union européenne.

Soutiens directs...

... la suite de votre article dans le Loiret agricole du 8 décembre

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