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"La sécheresse qui s’installe pose aujourd’hui de véritables problèmes"

Alexandre Nioche, élu de la chambre d’Agriculture du Loiret et vice-président de la FNSEA 45, fait le point sur le secteur des grandes cultures pendant cette période de confinement.

© CA 45

Globalement, le secteur des grandes cultures fait partie des filières agricoles les moins affectées par la crise du Covid-19. L’activité céréalière se poursuit de manière quasi normale et les travaux dans les champs avancent.

Les concessionnaires assurent la maintenance des machines, les intrants sont encore approvisionnés et l’expédition des céréales semble aussi se maintenir, même si l’on ressent quelques petites tensions.

Après cinq mois consécutifs de pluie pendant l’hiver, le retour du beau temps a débuté en même temps que l’entrée en confinement. Depuis mi-mars, pas une goutte d’eau n’est tombée sur le territoire loirétain, mis à part quelques orages très localisés le week-end dernier.

Bien que ces conditions aient été plutôt propices pour semer les cultures de printemps, cette sécheresse qui s’installe pose aujourd’hui de véritables problèmes : certaines parcelles d’orges de printemps lèvent très mal, voire pas du tout dans les terres argileuses qui ont été malmenées par les pluies de l'hiver. La situation est similaire pour les betteraves, qui peinent aussi à lever.

Heureusement, dans les exploitations où c’est possible, l’irrigation permet de pallier ce phénomène. On constate également que les blés et le colza d’hiver souffrent des conditions sèches qui freinent la floraison. De la même manière, l’irrigation se met en place dans ces cultures d’hiver pour préserver les potentiels de production, déjà malmenés par les excès d’eau de l’hiver.

L’absence d’hiver, et donc de froid, n’a pas fait baisser le nombre de pucerons qui étaient déjà nombreux à l'automne et sont tout aussi présents ce printemps. Il y a de gros dégâts sur les orges d’hiver et les blés du secteur de l’est du département et du sud, qui sont touchés par la jaunisse nanisante.

Beaucoup de parcelles sinistrées doivent être retournées puis resemées. Avec la sécheresse c’est une double peine !

L’absence de solutions techniques, qui plus est dans des contextes climatiques difficiles, conduit à des impasses trop préjudiciables pour l’économie des exploitations. On observe même des pucerons dans l’orge de printemps, ce qui est plutôt rare, et montre la présence permanente de ce ravageur.

Cela touche aujourd’hui l’orge et sûrement demain les betteraves… Il est important de souligner que cette recrudescence de la jaunisse est aussi la conséquence directe de l’arrêt des néonicotinoïdes !

On note aussi un phénomène oublié sur les betteraves, qui subissent en levant des attaques d’altises, qui nécessitent bien souvent une intervention qui n’avait pas lieu d’être avec l’utilisation des néonicotinoïdes…

Au vu de l’absence de pluie annoncée pour les prochains jours, il n’y a plus tellement d’alternatives pour « sauver » les parcelles mal implantées au printemps. Il faut patienter…
Cette campagne, très difficile d’un point de vue climatique, met une fois de plus la question des moyens de production au premier plan.

Gérer l’eau et protéger ses cultures quand c’est nécessaire ne sont pas de vains mots en ces temps de crise sanitaire dont les effets « boule de neige » sont à craindre.

Gageons que nos politiques et que l’opinion publique en prennent pleinement conscience pour permettre à l’agriculture française et bien sûr du Loiret de remplir pleinement son rôle : c’est à dire assurer une production abondante et suffisante afin de sécuriser notre alimentation.

Nous sommes prêts pour le jour d’après, à condition qu’il arrive…

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